FERMETURE DE TNG
1 mois Rp = 3mois réels
Nous sommes actuellement au mois d'octobre x989, sortez vos manteaux d'automne! Prochain changement de mois en juillet.
Suivez-nous !
Hall of Fame
Résultats Printemps 2017
Arno
Rplayeur
Sky
Floodeuse
Stella
Newbie
Namida
Staffeuse
Flame
Voteuse
Sky
Honneur
RSS
RSS



 

Partagez

Chapitre IX - Famille [SOLO]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Invité

Anonymous

Invité


MessageSujet: Chapitre IX - Famille [SOLO] Chapitre IX - Famille [SOLO] EmptyMar 23 Juin 2015 - 1:21



Chapitre IX - Famille
"Les liens qui les unissent sont au-delà du sang"
Précédemment - Chapitre VIII - Amos Neuri



Doum. Doum.

Deux coups sourds portés sur un tambour attirèrent l'attention de tous les clients des lieux. Le Loup Noir était un salon de jeu réputé dans la région des marécages brumeux, où se retrouvaient des gens que la bourgeoisie aurait qualifié de "peu fréquentables" alors que les autorités auraient plutôt employé "criminels en puissance". Il y régnait toutefois une atmosphère assez calme, actuellement, car les temps étaient difficiles, et l'époque n'était plus aux grandes dépenses. Il y avait parfois des bagarres, mais le maître des lieux tenait à la tranquillité de son établissement, pour préserver les derniers fidèles qui continuaient à parier entre ses murs, et surtout à consommer l'alcool bon marché qu'il leur vendait pour les désaltérer. Mais quelle que fût la situation économique dans laquelle se trouvait le salon, ces deux coups sourds annonçaient l'événement que certains clients attendaient plus que leur prochaine paie. Le patron avait eu le nez fin sur ce coup-là, et il n'était pas peu fier de son affaire.

Tout avait commencé quelques semaines auparavant, quand un nouveau client avait fait son apparition. Ils étaient rares à oser franchir le seuil sans être connus du patron, et pourtant le drôle de type n'avait pas hésité un seul instant, et était allé s'asseoir à une table libre, l'air suspicieux. Les habitués l'avaient regardé de travers, se demandant s'il ne s'agissait pas là d'un espion du gouvernement, mal déguisé dans son épaisse veste en fourrure, qui lui remontait jusqu'aux oreilles, et dont la capuche dissimulait ses traits, à l'exception de ses yeux. Il était resté là pendant une bonne heure, sans rien commander, et sans rien dire. Au bout d'un moment, la curiosité s'était emparée de deux joueurs un peu ivres, qui étaient allé lui demander "ce qu'il venait foutre ici, bordel". Le type n'avait rien dit, et ça avait mis les autres dans état d'ébriété colérique. Le premier avait levé le poing, mais ce fut tout ce qu'il eut le temps de faire. Jaillissant du manteau comme un tigre sort de sa tanière, un jeune homme avait bondi avec la rapidité de l'éclair, et avec la force d'une quinte flush. Deux secondes, deux coups, deux cris, et il était déjà rassis avant que quiconque ait compris quoi que ce fût. Les deux habitués ? Ils se réveillèrent le lendemain matin là où ils étaient tombés, avec un horrible mal de crâne, et l'impression d'avoir été percutés par un cheval au galop. Et le jeune homme ? Tout le monde s'était précipité pour jouer aux cartes avec lui.

Il avait accepté de bon cœur, et avait commencé à parier des sommes de plus en plus grosses, à payer des tournées générales qui lui valaient des ovations. Il posait quelques questions, parfois, mais les gens étaient trop saouls pour lui en vouloir, et ils lui répondaient toujours. Cependant, il commença à perdre ses paris, et il dut emprunter de l'argent au patron qui d'ordinaire n'acceptait pas de faire crédit, mais qui semblait avoir de l'intérêt à voir le jeune homme rester. Il lui conseilla même d'aller voir un habitué des lieux, qui était réputé imbattable. Il le défia, paria, joua et perdit. Tout. Au point qu'il n'avait même plus les moyens de rembourser ses dettes, ce qui lui valut quelques ennuis, qu'il arriva à écarter au prix de quelques grosses frayeurs. Le patron lui proposa alors un marché pour calmer les esprits, et lui permettre de payer sa dette.

Doum. Doum.

Le tambour résonna une nouvelle fois, comme un appel venu du fond des âges, tandis que, subrepticement, une porte s'ouvrait dans la salle, laissant se découper sur le seuil la silhouette sculpturale d’un beau jeune garçon, dans une tenue aguicheuse laissant entrevoir ses muscles, dissimulant ce qu'il fallait pour stimuler l'imagination des spectatrices. Il n'apparaissait jamais au même endroit, et les femmes continuaient à la chercher, tels des chiens de chasse ayant senti un gibier, mais incapables de mettre la truffe dessus. Certaines avaient même la langue pendue, et les yeux si brillants qu'ils auraient facilement pu passer pour des setters. Finalement, l'un d'entre eux la repéra, et s'exclama d'une voix forte : "Le voilà !". Tous les regards se tournèrent dans sa direction, et ce fut le moment que choisirent les musiciens pour commencer à jouer. Oh, ils n'étaient pas très doués, et leur répertoire de musique se limitait à jouer quelques notes sur un rythme lent, avec des instruments orientaux. Mais tout le monde s'en fichait, car le jeune homme était le clou du spectacle.

Il leva haut les bras, et s'avança tel un Apollon fendant la foule de ses fidèles, ses yeux bleus brillant de malice, tandis qu’on voyait son sourire léger. Il s'immobilisa enfin. Pendant une brève seconde, il n'y eut plus qu'un silence assourdissant, tandis que tous attendaient le début de la musique. Et la seconde d'après, le spectacle commençait. Il se mit à disparaitre et à réapparaitre au bout de la pièce dans une petite tornade de feu d’artifices. Il se mit à réapparaitre dans un nouvel endroit et soudainement, des boules de feu apparurent.

Nylam animait avec l'esprit détaché, loin de ses soucis actuels. Cela avait été assez honnête de la part du propriétaire des lieux de lui permettre de rembourser sa dette ainsi - même s'il y trouvait largement son compte. Probablement qu'il n'avait pas vraiment envie de lui forcer la main, après avoir vu de quoi le jeune O’Byrn était capable, mais les hommes étaient parfois bornés, et il valait mieux ne pas surestimer inutilement leur intelligence. Alors que le spectacle lui permettait de s'exprimer, de s'amuser, et de jouer, mais surtout les clients se demandaient ce qui se cachait derrière ce turban qu'il portait en permanence. Cette touche de mystère supplémentaire avait contribué à le rendre populaire, et il n'était pas rare que les habitués l'appelassent le Loup, en référence au nom de l'établissement. Une attention que le propriétaire appréciait beaucoup. Il performait depuis environ cinq bonnes minutes sur un rythme endiablé, quand il se rendit compte que la mélodie arrivait bientôt à son terme, et qu'il lui fallait choisir. Afin d'accrocher la clientèle, le patron avait décidé qu'il devait choisir une personne à la fin de chaque spectacle, l'emmener dans une salle annexe, pour lui offrir un entretien privé. Cela permettait de donner une raison supplémentaire aux jeunes femmes de venir ici : l'espoir d'être choisies pour quelques minutes supplémentaires en compagnie de leur idole. Et il n'avait toujours pas fait son choix, alors qu'approchait le moment fatidique. Sans cesser d’utiliser sa magie, il observa autour de lui, et accrocha le regard d'une cliente qui le fixait avec une certaine admiration dans le regard, mais sans l'air avide de ceux qui souhaitaient plus qu’un simple entretien. Il ne distinguait pas bien son visage, car la pièce était sombre, et elle portait une capuche en plus de son grand manteau, mais le trait de sa bouche était fine et une peau douce. Il n'aurait su dire son âge, mais elle devait être jeune, car la plupart des femmes ici arboraient des rides bien fournies. Cela lui suffisait. Il connaissait ce regard. Il décida que ce serait elle.

Il se rapprocha stratégiquement d’elle, sans lui laisser entendre qu'elle serait sa victime, et quand la musique s'arrêta, il se retourna rapidement, et posa ses mains sur ses épaules. Il imaginait avec un sourire espiègle quelle devait être la gêne de la pauvre jeune fille, tandis que tous les autres applaudissaient bruyamment, lançant des vivats et des "hourra" pour féliciter l’heureuse gagnante. Nylam s'inclina bien bas devant son auditoire, et attrapa fermement la main de la jeune fille, qui ne semblait pas trop savoir quoi faire.
 
Avec une autorité empreinte de douceur - le patron lui avait dit d'être agréable -, il la tira par la main vers l'arrière-salle, tandis que le propriétaire des lieux passait déjà dans les rangs, un petit panier tendu pour récolter l'argent destiné à payer le mage. En vérité, il ne toucherait rien : l'argent servirait à rembourser sa dette. Mais ça, le public n'avait pas besoin de le savoir.

Nylam et l'heureuse gagnante franchirent la porte par laquelle il était entré, et ils longèrent un petit couloir, dépassant le passage qui menait à la cave, pour aboutir dans une salle confortable, qui devait servir de bureau au patron. Les lieux avaient cependant été dégagés, il ne restait au milieu qu'un fauteuil confortable, à côté duquel se trouvait une table basse sur laquelle reposait une coupe de vin. La récompense de l'élue. Nylam poussa littéralement la jeune femme à l'intérieur, et se glissa derrière elle avec l'agilité d'un serpent. Avant qu'elle ait eue le temps de faire quoi que ce fût d'autre que se remettre de la bourrade, il se coula derrière elle, et d’un geste vif, il fit apparaitre une dague dans sa main grâce à sa magie et l’abattu sur la jeune fille qui le bloqua avec une lance qu’elle sortit de son grand manteau.

- Tu vas arrêter de jouer, Nylam, ordonna la voix qui n’était pas du tout féminine.
 
- Qui a dit que je jouais, Amos ? Répondit le jeune mage.
 
La soi-disant jeune femme se dévêtit de son large manteau et laissa apparaitre un jeune homme en tunique noir et blanche, avec une chevelure ébouriffé argenté. Il se retourna et fit face à Nylam et ses yeux violets le transpercèrent. Le jeune O’Byrn le défia à son tour du regard, et malgré qu’ils fussent devenus alliés, il y avait une tension électrique entre eux. Comme s’ils étaient déjà sur le point de remettre à jour leur dernier combat à Briomhar. Nylam rompit la tension par un sourire et ajouta :
 
- Alors ? Où en est la mission ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Anonymous

Invité


MessageSujet: Re: Chapitre IX - Famille [SOLO] Chapitre IX - Famille [SOLO] EmptyMar 23 Juin 2015 - 1:26

Quelques secondes après le combat du regard que s’était échangé Nylam et Amos, Eclari apparut à son tour et s’énerva :
 
- "Qu’est-ce que vous faites ? On n’a pas de temps à perdre !"
 
- Oui, on arrive, retourne vite auprès d’Alice ! Ordonna Amos, essayant de ne pas s’emporter par l’agacement d’être dérangé.
 
Le jeune Neuri saisit son manteau et y sortit plusieurs dagues et des vêtements de combats noirs plus approprié pour le jeune O’Byrn qu’il s’empressa d’enfiler, tout en s’équipant autant qu’il le pouvait. Pendant qu’il se préparait, Amos répondit à la première question de Nylam :
 
- On a réussi à récupérer le coffre dans l’auberge, il est avec Alice en ce moment. Il faut qu’on s’en aille au plus vite pour Magnolia, on le remettra à mon contact.
 
Nylam soupira de soulagement, cela faisait presque deux semaines qu’il se trouvait à jouer l’animal de cirque dans cette auberge pour effectuer cette mission qu’on avait confiée à Amos. En effet, depuis leur épisode à Briomhar, Nylam avait rejoint le jeune Neuri. Ce dernier l’avait invité à l’accompagner dans son voyage car, sans vraiment l’admettre, il admirait le potentiel qui résidait dans le jeune O’Byrn. Ainsi, Alice, Eclari et Nylam accompagnèrent Amos qui se rendaient à Magnolia, mais en route, le jeune garçon aux cheveux d’argent avait une autre mission à accomplir. Une autre que celle de se débarrasser des brigands du village de Briomhar.
 
- Ce coffre a été gardé dans les souterrains qui sont relié à cette auberge, poursuivit Amos, grâce à tes diversions répétitives, tes bagarres, tes paris, etc. Alice, Eclari et moi avons finalement réussi  l’obtenir, mais qui sait combien de temps nous avons ?
 
 
Amos n'était pas à se laisser convaincre facilement par les paroles pourtant pleines de sincérité qu'on pouvait lui sortir. Son éducation toute entière avait été construite autour de la notion de survie, et il avait pour cela appris à ne pas se reposer sur n'importe qui. Il avait confiance en deux choses en ce bas-monde : son corps, et ses armes. Vis-à-vis de tout le reste, il faisait preuve d'une méfiance quasiment pathologique, qui frisait la paranoïa. Il n'en demeurait pas moins communicatif et sociable, mais cela ne signifiait pas pour autant qu'il se liait d'amitié avec les gens qu'elle rencontrait. Il demeurait avec une personne tant qu’il y trouvait un intérêt, et préférait mettre un terme à toute relation quand une amitié commençait à se forger. D'ordinaire, il savait s'en sortir en s'éloignant physiquement des gens, en quittant la pièce brusquement quand il n'en pouvait plus de leur présence, en quittant carrément la ville quand ils étaient collants, ou bien en cassant la figure de celui ou celle qui l'importunait. En temps normal, il aurait secoué comme un prunier celui ou celle qui l'aurait mise mal à l'aise, mais il y avait quelque chose chez cette Nylam qui l'intriguait. Bien qu'apparemment inoffensif, très calme même si il s'était levé, il était capable de se défendre.

Alors que le jeune O’Byrn fut fin prêt, Amos lui imposa le silence d’un geste de la main et se mit à tendre l’oreille. Des bruits de pas se firent entendre au dehors. Deux personnes, de toute évidence, on commençait à se douter de quelque chose. La porte s'ouvrit à la volée, percutant sauvagement l’épaule d’Amos qui se trouvait sur la trajectoire. Il lâcha un juron sonore, et fit deux pas en avant, davantage surpris que blessé. Nylam se mit debout avant de se retourner pour invectiver son employeur quant à la manière dont il entrait dans une pièce. Certes, il était du genre à bien aimer à jouer au gros dur, mais de là à arracher le chambranle et les gonds quand il voulait faire de l'effet, il y avait un monde. Nylam était sur le point de lui dire combien il était stupide de fracasser sa propre habitation quand on voulait gagner un peu d'argent, quand il se rendit compte que les deux colosses qui venaient de pénétrer dans la pièce n'étaient pas, mais alors pas du tout les gens qu’ils attendaient.

Amos était un homme paranoïaque, même si il n'aimait pas trop le terme. Il avait quitté ses terres plusieurs mois auparavant, pour une quête familiale qu’il entendait bien mener à son terme, même s'il lui fallait arpenter Fiore de long en large. Il avait quitté les douces forêts, et avait pris la direction de Magnolia, où il avait séjourné quelques temps, remplissant quelques contrats pour se faire un peu d'argent le temps d'effectuer ses recherches. C'était là qu’il avait eu, pour la première fois l'impression d'être suivi. Pas dans les premiers jours, non, mais assez rapidement, il avait aperçu des ombres derrière lui, qui le filaient le soir. Fort heureusement, il n'était pas facile à saisir, et il était trop inquiet de nature pour les laisser se rapprocher. Jamais ils n'avaient pu mettre la main sur lui, et il avait fini par croire qu'il s'agissait de simples voleurs. Cependant, en voyant les deux types entrer dans la pièce, son esprit fit immédiatement le rapprochement, et il comprit d'un seul coup qu'ils n'étaient pas des voleurs, et qu'ils n'étaient pas là par hasard. Ils venaient pour eux.

Les muscles noueux, les cheveux bruns mi-longs et gras, deux grosses montagnes de chair avec l'air aussi dégourdi qu'une poule qui aurait trouvé un cure-dents, c'étaient de toute évidence des mercenaires, et pas des gentils à en juger par leur mâchoire carrée, leurs petits yeux noirs, et leurs poings serrés. Ils avaient la peau sombre, caractéristique d’orientaux, et Nylam comprit immédiatement qu'ils n'étaient pas venus là pour une petite danse privée, sauf si faire danser sa tête au bout d'une pique comptait. Ils portaient une tunique de voyage qui révélait leurs bras épais, mettait en valeur leur torse immense. Tous deux portaient des sabres courts et incurvés à la hanche, mais il était clair qu'ils n'avaient pas vraiment besoin de s'en servir pour briser quelqu'un. Malgré la bêtise qu'on lisait dans leur expression, il était évident qu'ils n'étaient pas des rigolos. Peut-être pas des génies, mais des traqueurs sans pitié comme on en trouve parfois dans le désert : des hommes infatigables, capables de suivre une proie pendant des mois, dans les pires conditions possibles, pour finalement la coincer quand elle ne s'y attendait pas le moins du monde. Au vu du déplacement, ils seraient payés grassement, et ils avaient l'air impatient de toucher leur prime, et d'aller se délasser dans les bains de luxe de Crocu. Amos comprit tout cela avec une seconde de retard, et comme d'habitude, sa bouche fut la première à réagir :

- Oh punaise... Fut tout ce qu'il eut le temps de lâcher avant qu'une main énorme ne vînt s'abattre sur sa tête comme un marteau sur un clou.

L'impact se répercuta dans tout son corps, qui décolla telle une poupée de chiffon, et alla s'écraser avec fracas sur le sol, à deux mètres à peine de Nylam. Amos avait l'impression d'avoir été percuté par un rocher énorme, mais malgré la violence du choc, n'avait pas perdu connaissance - ce qui lui permettait de prendre douloureusement conscience de la force brutale des deux traqueurs. Le jeune Neuri était sonné, assurément, et il roula sur le ventre, posant les mains sur le sol, en espérant qu'il arrêterait de vaciller sous lui. Des étoiles dansaient devant ses yeux, et il avait la nausée sans vraiment comprendre pourquoi. Il ferma les yeux, mais les étoiles étaient toujours là, petites taches de lumière sur un fond sombre. Il avait l'impression que le colosse avait enfoncé avec toute la force de son bras un essaim d'abeilles dans son crâne. Réveillées, elles bourdonnaient bruyamment, l'empêchant de se concentrer sur quoi que ce fût. Tentant de se relever, Amos échoua lamentablement, et rampa sans grâce, n'ayant pas plus de volonté de bouger qu'un sac de pierres au fond d'un lac. Il se rendit tout de même compte qu'il lui fallait réagir lorsque la voix d'un des deux résonna, avec un accent particulier à couper au couteau :

- J'croyais qu'y'en avait qu'un qu'fallait crever !

- Mouarf... Crevons l'aut' aussi, on risqu'rien à les crever les deux. Si on s'loup', i' nous loup'ra pas !

- Ouais...

Sur cette dernière réplique particulièrement spirituelle, le plus proche des deux mercenaires se pencha en avant, et referma sa grosse main pataude sur la cheville fragile d’Amos. Celui-ci avait l'impression qu'un monstrueux molosse s'était jeté sur sa jambe comme s'il ne s'agissait d'un os, et il gémit à contrecœur quand il le tira vers lui. Il le souleva du sol, et bien qu'encore étourdi, Amos sentit avec effroi son corps quitter la terre ferme, et s'élever dans les airs dans une posture et selon une orientation peu commune et peu agréable. Le jeune Neuri tenta de s'accrocher au plancher, en vain, et il eut le déplaisir de se retrouver pendue par une jambe, l'autre pendant étrangement dans le vide. De là où Amos était, en regardant face à lui, il voyait les genoux du géant. Elle baissa les yeux, et observa d'en-dessous son visage bouffi qui affichait un sourire goguenard. Il semblait se demander s'il valait mieux l'égorger tout de suite, ou le balancer d'abord contre les murs comme il l'aurait fait avec un hochet. A l'envers, il avait encore plus mal à la tête, et il aurait préféré qu'il l'égorgeât tout de suite, plutôt que de la faire valser à nouveau. Il risquait de rendre son repas, ou bien de laisser son cerveau derrière lui. Il avait déjà l'impression que le sang lui montait à la tête, et il ne tenait pas particulièrement à aggraver son mal de crâne.

Derrière, l'autre mercenaire s'avançait d'un pas lourd vers Nylam, qu'il dominait d'au moins deux têtes. Il faisait le double de sa largeur, et semblait tellement impatient de lui briser les os qu'il avait laissé fleurir sur son visage un sourire débile auquel il manquait deux dents. Le jeune O’Byrn recula autant qu'il le put, mais il finit par être coincée contre le mur du fond de la pièce, totalement prise au piège par ce gros loubard qui lui promettait une fin terrible. Il tendit sa main gigantesque dans sa direction, prêt à se saisir de sa tête pour la broyer. Assurément, il ne lui laisserait aucune chance. Amos, qui du coin de l'œil avait observé toute la scène, e d'une voix pâteuse, il grogna :

- Eh... Arrêtons de jouer...! Un chacun !

Avant que les deux hommes eussent pu comprendre, Amos enfonça son pied libre dans le visage de son adversaire. Il mugit tel un taureau, et le laissa retomber brutalement par terre. Il avait été surpris par l'attaque, mais il reviendrait certainement à la charge. Restait simplement à se relever, désormais.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Anonymous

Invité


MessageSujet: Re: Chapitre IX - Famille [SOLO] Chapitre IX - Famille [SOLO] EmptyMar 23 Juin 2015 - 1:27

Amos essayait tant bien que mal de remettre un peu d'ordre dans ses pensées, bien chamboulées par la grosse patte du colosse qui se tenait pour l'instant derrière elle. Ce dernier occupait d'ailleurs la première place dans l'ordre de ses priorités, même s'il était pour le moment encore un peu secoué par le coup de pied magistral qu’il avait réussi à lui donner en pleine tête, dans une position incroyable. En deuxième venait, l'autre montagne de muscles, qui pour l'heure était occupé par la troisième place, Nylam O’Byrn. Amos leva la tête dans leur direction, pour voir qui des deux allait gagner, et qui des deux s'emparerait définitivement de la seconde position. Le jeune Neuri avait été malin sur ce coup-là, en demandant à Nylam de partager les problèmes. Amos n'avait pas fait ça par charité d'âme, ou parce qu’il considérait Nylam comme son compagnon, mais bien parce qu'en lui refilant cinquante pour cent des ennuis, il augmentait significativement ses chances de s'en tirer.

Mais pour l'heure, il devait se concentrer sur numéro un. L'empoté avait retrouvé ses esprits, car le coup n'était pas aussi puissant qu'il en avait l'air, et il avait fixé ses yeux idiots sur Amos toujours à terre. Avec un rugissement assourdissant, il chargea, sa force démultipliée par sa colère, qui avait aussi le don de le rendre aveugle aux petits détails. S'il avait été un peu attentif, il aurait remarqué qu’Amos se tenait allongé, certes, mais que les muscles de son corps étaient tendus, prêts à déchaîner une énergie sauvage qu'il peinait à contenir, pour l'heure. Il n'y avait que quelques pas entre lui et Amos, et il ne vit pas vraiment venir le coup que le jeune garçon aux yeux violets lui lança. En une seconde, il se remit sur ses pieds, bien trop rapidement pour qu'il pût freiner ne fût-ce qu'un peu sa course. Il pivota sur lui-même, et lui asséna un coup de pied directement dans le plexus, qui eut pour effet de lui couper le souffle. L'impact avait été violent, en témoignait le son sourd qui en avait résulté, et le géant fut renvoyé dans les cordes, qui ressemblaient plutôt à une porte, à vrai dire.

Il s'écrasa de tout son poids contre le lourd battant de bois, qui par le plus grand des miracles, ne fut pas arraché de ses gonds. Mais cela posait un problème qu’Amos n'avait pas prévu. Il avait imaginé que son adversaire s'effondrerait mollement sur le sol, à court de souffle, et qu’ils auraient pu filer par la seule issue de la pièce. Or là, il la bloquait toujours de son corps massif, et l'idée de se rapprocher de lui faisait briller en lettres de feu le mot "suicide" dans son esprit. Il fit une moue contrariée que ne parvint pas totalement à dissimuler son visage sans émotion, tandis qu'il cherchait une solution. Le pousser ? Trop risqué, d'autant que s'il se reprenait avant qu’ils n'eurent le temps de sortir, il risquait de la briser en deux entre ses mains titanesques. Il pouvait sans doute lui arracher un bras pour la forme, et Amos ne tenait pas à rester trop longtemps à portée de ses immenses pinces. Courir et lui envoyer un magistral coup de genou dans le visage pour l'achever, en espérant que cela casserait la porte ? Intelligent, inventif et audacieux, mais risqué. Si la porte ne se cassait pas, il se retrouverait avec un poids mort - doublement mort, en fait -, en travers de son chemin, et l'autre mastodonte dans son dos verrait d'un mauvais œil la mort de son congénère. Ne lui restait donc qu'une seule option : attendre que l'ennemi se relevât, éviter son prochain assaut, et s'enfuir en profitant de sa surprise.

Alors que le jeune Neuri commençait à se dire que ce plan tenait la route, il entendit un bruit mat derrière lui, accompagné d'un gémissement de douleur. Tournant la tête, il eut la surprise de découvrir Nylam à terre derrière lui. Toujours pas mort ? Sympa ! Il venait de recevoir, à en juger par ses cheveux en désordre, et sa joue rougie, une gifle de la part du costaud, qui l'avait projeté à terre sans douceur. Nylam n'en était pourtant pas abattu pour autant, et il se releva, l'air contrarié et déterminé. Ce ne fut qu'alors qu’Amos remarqua que l'ogre qui se tenait en face du jeune O’Byrn saignait du poignet. Sa progression dans le maniement des armes se faisait enfin sentir ! Digne d'un tueur. Amos s’était mis à lui apprendre quelques techniques de combat d’arts martiaux, fatigué de le voir se mouvoir de manière si peu académique. Amos, reporta son attention sur le traqueur qui lui faisait face, et qui achevait de reprendre ses esprits. Il ne tarderait pas à passer à l'assaut, et ce serait le moment ou jamais de tenter une sortie. Alors qu'il était en train de songer à cela, il sentit Nylam se coller contre son dos, et lui enjoindre à voix basse de se saisir de l'arme qu'il avait en réserve. Sans vraiment réfléchir, Amos s'empara de la dague qu'il cachait sur lui, et la fit tourner dans sa main gauche avec une dextérité peu commune.

Parmi Alice, Elari et Nylam, nul ne pouvait se douter qu'il était en réalité un tueur surentraîné, dont l'arme de prédilection était justement la dague. Bien que le jeune O’Byrn s’en était douté après leurs nombreux entrainements. Retrouver le plaisir de sentir une lame entre ses doigts lui tira un sourire narquois, tandis qu’il sentait sa confiance en lui revenir. Dans une pièce aussi exigüe, il ne pouvait pas faire la démonstration de toutes ses capacités, sachant que Nylam et lui s’étaient juré de ne pas pratiquer de magie en combat lors de cette mission pour ne pas attirer l’attention. Mais il revenait au moins sur un pied d'égalité avec cette brute. Chacun pouvait tuer l'autre d'un seul coup désormais. Amos sentit Nylam bouger derrière lui, et il en conclut qu'il allait bientôt passer à l'attaque. Cela coïncida avec le moment où son propre adversaire bougeait. Amos, rapide comme la mort, s'élança dans sa direction. Il avait beau être armé, il savait qu'il devait essayer de ne pas éliminer cet homme. En temps normal, il l'aurait exécuté sans le moindre état d'âme, mais il savait que les hommes du coin étaient un peu plus regardants sur les crimes, et il ne tenait pas particulièrement à être poursuivi par les guildes et/ou le Conseil. Tandis qu'en le blessant, il pouvait le ralentir considérablement, sans attirer plus que ça l'attention. Avec cette pensée en tête, il bondit sur le traqueur.

Il avait dégainé son arme, sans doute furieux d'avoir été aussi brutalement malmené par un gamin qui faisait facilement la moitié de son poids. Sa fierté en avait pris un coup, et il devait estimer que l'heure était venue de passer aux choses sérieuses. Son sabre court siffla en fendant l'air, et il siffla longtemps tandis qu'il décrivait un arc de cercle au-dessus de la tête du jeune garçon aux cheveux d’argent. Il s'était souplement penché en arrière, évitant l'acier mortel, et dès que le danger fût écarté, il se redressa tel un serpent, et mordit. Sa lame s'enfonça dans l'aisselle droite du guerrier, qui grogna de douleur. Il poussa son avantage, pivota sur lui-même, et lui planta la dague dans la cuisse gauche. Cette fois, il hurla vraiment, et vacilla considérablement. Il jugea un peu précipitamment qu'il était vaincu, et entreprit de s'échapper, mais il tendit sa main, et la referma autour de ses cheveux. Amos tenta de retenir son cri, en se sentant tiré en arrière, et se retourna pour lui planter violemment la lame dans la main. Le sang coula, et tâcha ses belles mèches argentées, tandis qu'il lâchait enfin prise, définitivement vaincu. D'un coup de pied, Amos écarta son sabre de sa main, et se détourna pour ouvrir la porte. Il allait s'en aller, quand elle se retourna pour regarder le jeune O’Byrn, toujours aux prises avec son opposant :

- Eh arrête de jouer, je t’ai dit ! Par ici ! Dépêche-toi !

Il ne prit pas la peine de regarder la fin de leur combat, et quitta la pièce prestement, prenant à gauche pour aller dans une pièce que leur avait informée Nylam par l’intermédiaire d’Eclari, et y récupérer des affaires. Avant d'avoir pu fermer la porte, il entendit des pas derrière lui : Nylam qui quittait précipitamment la pièce, sa dague toujours en main. Amos ignorait s’il avait tué l'homme, mais il n'avait pas vraiment le temps de s'en soucier. Il savait que si ces traqueurs avaient réussi à les trouver, d'autres le pourraient, et ils ne pouvaient plus rester ici plus longtemps. D'autant que si quelqu'un avait engagé des tueurs pour les abattre, il était susceptible de poursuivre, même après un échec. Et quand le ou les hommes se réveilleraient, ils n'auraient qu'une seule idée en tête : se venger. Cela lui faisait plus qu'assez de raisons de quitter l'établissement, même si Nylam n'avait pas tout à fait terminé de payer sa dette.

Il était en train de rassembler leurs affaires quand Nylam franchit le seuil de la porte. Il avait l'air un peu secoué, mais plus paniqué que ça, preuve, s'il en fallait encore une, qu’il n’était pas qu’un simple mage. Amos avait put découvrir l'endroit où Nylam avait établi ses quartiers, une petite chambre dans laquelle étaient éparpillées quelques affaires, meublée d'un lit, d'une chaise et d'une commode où trônait un miroir tourné vers la porte.

- J'ai posé ta dague là, dit Amos en désignant du menton la commode.

Le jeune Neuri avait effectivement décidé de rendre son arme à son propriétaire, sans vraiment se l'expliquer. Il ne lui faisait toujours pas vraiment confiance, mais il apprenait à coopérer avec cet étrange personnage. Même si cela impliquait de rester vigilant, et de ne pas baisser sa garde. Il termina de faire leur sac. Amos se tourna vers Nylam, et lui déclara précipitamment :

- Allons-y, ne traînons pas !

Et ils sortirent. Ils empruntèrent un autre couloir, qui les mena dans les cuisines, où ils bousculèrent quelque peu les marmitons qui s'affairaient, recueillant au passage quelques grommellements, et quelques cris de mécontentement auxquels ils ne prêtèrent pas attention. Ils finirent par déboucher dans la salle commune, où ne restaient plus que quelques clients, les autres étant rentrés chez eux après le show de Nylam, dernière attraction de la soirée, car il commençait à se faire tard. Le patron, lui, était toujours là, et il se leva brusquement en voyant Nylam sortir de la pièce :

- Mon petit Loup, comment vas-tu ? Mais qui étaient ces hommes, au juste ? J'espère que...

Nylam s'arrêta net, et le foudroya du regard, tant et si bien qu'il s'immobilisa lui aussi, comme si il l'avait frappé :

- Ne faites pas semblant de l'ignorer, et arrêtez de m'appeler "mon petit loup", punaise ! Deux types mastocs, armés, et l'air idiots, vous n'allez pas me faire croire que vous n'avez pas reconnus des mercenaires ! Ils vous ont payé combien pour que vous fermiez les yeux et que vous les laissiez passer !? A moins qu'ils vous aient menacé, et que vous ayez eu trop peur pour vous opposer, ou simplement leur mentir ?

Nylam marqua une pause dans sa tirade, profitant du spectacle que lui offrait le visage déconfit du propriétaire des lieux. De toute évidence, il avait visé juste, et il suffisait d'observer les regards des autres clients pour comprendre qu'ils n'étaient pas beaucoup plus fiers. Il bafouilla quelques explications, que le jeune O’Byrn chassa d'un geste agacé :

- Je ne vous dois plus rien, désormais. C'est un adieu !

Il le planta là, et quitta le Loup Noir, profondément contrariée, mais surtout perdue. Au dehors, la nuit était tombée, et il faisait bien trop froid pour Nylam. Il resserra son manteau autour de ses épaules, qui s'affaissèrent comme s’il était en proie à un abattement terrible. Il tourna le regard vers Amos :

- Allons retrouver les autres, mais… T’es vraiment spécial comme garçon tu sais ?

Il accompagna sa phrase d'un froncement de sourcil difficile à déchiffrer. Etait-il vraiment contrarié, ou faisait-il simplement semblant ? Dans tous les cas, il se dirigea vers les écuries, où sa monture avait été bien nourri et au chaud pendant qu’il résidait au Loup Noir. Celle d’Amos s'y trouvait aussi, et ils repartirent tous deux, à pied, tenant leur cheval par la bride. Voyager en selle, c'était s'exposer beaucoup trop aux éléments, alors qu'à pied, ils pouvaient se coller au flanc de leur cheval, et profiter de leur chaleur. Dans les rues que la nuit obscurcissait, le claquement sec et régulier des sabots sur les pavés étaient la seule chose qui venait briser le silence qui accompagnait les ténèbres. Il n'y avait personne à l'horizon, pour leur barrer la route, et personne sur leurs traces, ce qui ne les aidait guère à trouver où aller à cette heure de la nuit :

- J’ai faim… J’ai froid… C’est quand qu’on arrive ?

Nylam baissa la tête, cachant son visage du vent, tandis qu’il attendait la réponse d’Amos qui l’accompagnait, mais qui ne semblait répondre que par un soupir. Le froid s'insinuait partout, et Nylam avait l'impression d'être gelée de l'intérieur. Toutefois, malgré les conditions climatiques désastreuses, il ne pouvait pas s'empêcher de parler, et il lança :

- Au fait ! Tu te débrouilles pas mal avec une dague... pour un sauvage...

Cette fois, même si il portait un turban, on pouvait deviner l'ampleur du sourire qu’il arborait. Etait-ce une complicité, qui était en train de naître entre eux ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Anonymous

Invité


MessageSujet: Re: Chapitre IX - Famille [SOLO] Chapitre IX - Famille [SOLO] EmptyMar 23 Juin 2015 - 1:27

Les deux jeunes mages s'étaient éloignés du Loup Noir, qui n'avait pas porté chance aux deux traqueurs venus les agresser sans sommation, et qui avaient dû payer le prix fort pour avoir osé les attaquer par surprise. Peut-être étaient-ils désormais dans les geôles de la région, enfermés par la garde. Ou bien ils avaient réussi à s'enfuir avant d'être pris, mais il leur faudrait quand même du temps avant de récupérer. Les deux jeunes hommes se fichaient un peu de leur sort, conscients de leur avoir donné une bonne correction, qu'ils n'oublieraient pas de sitôt. Ils erraient désormais dans les rues, bravant le froid et le vent, à la recherche d'un abri pour passer la nuit qui s'annonçait difficile, et encore plus désagréable que les précédentes. Il ne faudrait pas tarder à se réfugier quelque part, sans quoi ils risquaient de mourir de froid sur pied, et d'être retrouvées congelées le lendemain matin, par une patrouille de la garde. Patrouille que Nylam et Amos tenaient autant que possible à éviter pour l'instant, tant qu’ils ignoraient qui avait envoyé ces hommes, même si, pour Nylam, l'idée d'avoir une statue à son effigie ne la dérangeait pas plus que ça. Tout en gardant un œil ouvert, et l'oreille tendue, attentifs aux signes qui auraient pu trahir la présence d'un ennemi supplémentaire, Nylam décida de faire la conversation avec son compagnon de route. Peut-être parce qu'il avait sincèrement envie d'en savoir plus sur ce mystérieux voyageur qui s’était montré plus que puissant mais également protecteur envers lui. Peut-être parce qu'il désirait en apprendre plus à son sujet pour mieux voir venir une éventuelle trahison. Il se disait qu'en détectant des incohérences dans son récit, il finirait par découvrir ce qu’il voulait savoir.

Il apprit donc de sa bouche qu’Amos, dont le nom était étrange pour lui, même dans cette région, était un consultant dans de nombreuses guildes où il effectuait leurs missions pour eux. C’était ainsi qu’il s’était fait un nom, mais ce fut grâce à un mage réputé de Fairy Tail qu’il avait réussi. Néanmoins, la raison d’effectuer autant de missions et de parcourir le monde n’expliquait pas tout. Il lui fallait davantage d'éléments pour dresser un portrait fidèle d'une situation. Un nom seul ne suffisait pas à raconter l'histoire d'une vie. Il l'écouta ensuite lui raconter qu’Amos était à la recherche de sa sœur, qui avait apparemment apparu dans la région. Nylam haussa un sourcil interrogateur, et lança d'une voix enjouée :

- Tu rigoles ? C'est pareil pour moi ! C'est dingue ça, je cherche aussi quelqu’un. Tu la connaîtrais pas, par hasard ? Elle est blonde et a des yeux bleus, et…
 
- C’est Alice, coupa Amos.
 
- Mais non ! S’énerva le jeune O’Byrn, elle avait les cheveux courts et… elle était différente, alors ça te dit quelque chose ?

Il avait posé la question sur un ton innocent, presque léger, mais sa dernière phrase était bien plus sombre, et il n'était pas difficile de remarquer son changement d'attitude. Son regard s'était durci, ses sourcils avaient pris une posture contrariée, et il y avait fort à parier que le reste de son visage avait suivi le mouvement. Néanmoins, celui d’Amos s’était composé d’un masque de haine qu'il contenait à grand peine.  Une haine qui avait ses explications, mais qu'il était impossible de comprendre sans lui poser directement la question. Et à voir quelle réaction provoquait chez lui la seule mention du nom de celle que le jeune Neuri, il fallait beaucoup de cran pour oser aborder franchement le sujet avec lui. En proie à une colère flamboyante, Amos trouva la force de ne pas la laisser exploser, de demeurer calme et concentrée, ce qui lui avait permis d'avancer jusqu'alors, mais Nylam ne voulut pas changer de sujet :

- Mais ta sœur, elle s'appelle comment au fait ? Peut-être que je l'ai vu, qui sait ?

Il dévisagea son interlocuteur, attendant patiemment sa réponse, essayant dans le même temps de rassembler ses souvenirs, d'essayer de trouver le nom de tous les gens à qui il avait parlé ces derniers temps. Toutefois, ils étaient pressés par le déchaînement climatique dans lequel ils étaient pris, et Amos décida qu'il vaudrait mieux rejoindre les autres. C'était la solution la plus raisonnable, et il était préférable s'abriter tant que c'était encore possible, plutôt que de braver la nuit et l’hiver, à seule fin de trouver un oreiller. Ils ouvrirent donc l'œil, suivant la piste que leurs avaient laissés Alice et Eclari, près d'un endroit suffisamment confortable pour pouvoir y laisser leurs chevaux et s'y installer, et dans le même temps suffisamment discret pour ne pas être dérangées par d'éventuels poursuivants, ou visiteurs inattendus. Mais leur recherche ne les empêchait pas de discuter, et ils en vinrent à parler de leurs compétences martiales respectives. Amos avait posé la question le premier et elle fut extrêmement surprise par la réponse que lui présenta Nylam.

Il avait déjà tiqué lorsque le jeune O’Byrn lui avait dit qu’il venait du sud, se demandant ce qu'il voulait dire par là. Après tout, le sud était vaste, lorsque l'on se trouvait aux Marécages Brumeux. Il aurait pu aussi bien avoir vu le jour à Cliver qu'au fin fond de Ca Elum, mais il n'avait pas leur physique. Toutefois, Amos tiqua une seconde fois lorsque Nylam lui parla du sud comme étant "chez nous". Il ne put s'empêcher de froncer les sourcils, décelant là une des incohérences dont il soupçonnait l'existence, et dont il attendait patiemment l'apparition. Ses doutes furent confirmés quand Nylam fit mention de la royauté de Kirlhé. Cette fois, il s'arrêta net, dardant ses yeux d'un violet profond - héritage de son clan- dans ceux de son interlocutrice :

- J'ai parcouru le sud dans toutes les directions, j'ai arpenté le désert, vu les ruines d'antiques cités prises dans les sables, posé les yeux sur toutes les cités au Sud d Fiore... mais jamais je n'ai entendu parlé d’un royaume dans une cité nommé Kirlhé.

Il marqua une pause lourde de sens, laissant le temps à son interlocuteur de comprendre qu'il le soupçonnait d'avoir menti sur bien plus que ses origines. La tension entre eux remonta d'un cran, et Amos poursuivit, sur un ton sec :

- Un royaume de cité noir ? Un culte de sacrifice auquel vous survivez ? Le Coseil et les guildes auraient agis depuis longtemps face à une telle information.

Nylam glissa sa main dans son dos, et caressa du bout du doigt le manche de sa dague. Ce simple contact la rassura, et il sentit qu'il pouvait faire face à n'importe quelle attaque de la part de son adversaire si celui-ci tentait de lui jouer un mauvais tour. Nyalm, était devenu méfiant - ou plutôt réaffichant ouvertement la méfiance qui ne l'avait jamais quitté -, se présentait comme un adversaire potentielle pour le jeune O’Byrn. Ses yeux évaluaient les possibilités, calculaient les distances, les angles d'attaque, les options de fuite. La voix d’Amos se fit de moins en moins forte, et il souffla :

- Je crois que nous n'avons pas tant de choses que ça en commun, finalement, gamin. Je n'ai pas l'impression que nous venions du même pays, loin de là, et  je crois que tu ne m'as pas vraiment dit ce que tu venais faire ici, ni pourquoi tu m'accompagnais. Bien que je t’ai invité, j’ai mes motivations mais je ne connais pas les tiens. Je me demande même si cette histoire sur cette soi-disant fille que tu cherches n'avait pas pour but d'endormir ma méfiance. Mais ça ne prend pas... Ça ne prend pas !

Amos avait été formé pour l'agilité. Son entraînement d'assassin avait été axé autour de sa capacité à escalader, à franchir les obstacles, à bondir et à se réceptionner. Tandis qu'il parlait, il avait subrepticement, tiré son bras de la manche de son épais manteau, et au moment adéquat, profitant d'un effet de surprise soigneusement construit, il l'avait retiré et lancé au visage du jeune O’Byrn dans le même temps. C'était un usage extrêmement pratique qu'il avait trouvé à cette lourde pelisse qui sinon le gênait dans ses mouvements. Nylam, à la fois trop près pour éviter, et trop loin pour bloquer le mouvement à sa source, vit son champ de vision brusquement obstrué par la présence du vêtement, ce qui donna le temps à l'assassin de passer à l'offensive. Son corps, vivifié par la brusque exposition à l'air froid, n'en était pour autant pas ralenti, au contraire. Il avait besoin de bouger pour garder son énergie, et il entendait bien régler cette affaire aussi rapidement que possible, dans un brutal déchaînement de violence.

Il s'élança sans sommation, sans vraiment savoir ce qu'il allait faire, prêt à improviser. Il avait beau être un tueur, il n'en demeurait pas moins humain, et il n'avait pas de plaisir particulier à ôter la vie. Ce fut la raison pour laquelle il ne dégaina pas ses dagues, et ne frappa pas purement et simplement la silhouette qui se débattait sous le manteau. Et aussi parce que Nylam s'était attaché à ce vêtement, et qu’il ne tenait pas particulièrement à abîmer ou à le tâcher de sang irrémédiablement. Au lieu d'utiliser ses dagues, donc, il utilisa sa vitesse et son poids pour percuter de toutes ses forces le jeune O’Byrn. Un cri lui parvint, lui indiquant qu'il avait touché sa cible, qu'il emporta brutalement dans son élan. Les deux jeunes mages se retrouvèrent douloureusement au sol dans un concert de hennissements produits par les chevaux inquiets, qui piaffaient et faisaient claquer leurs sabots sur la pierre froide et nue. Ils roulèrent sur les pavés pour se relever, et essayer de retrouver leurs esprits, quelque peu chamboulés par l'impact. Nylam cligna des yeux, et aperçut Amos qui se relevait au même moment. Malgré ses appuis peu sûrs, Nylam plongea dans sa direction avec l'intention de le plaquer fermement au sol, pour lui placer une lame sous la gorge et le calmer.

Son plan ne se déroula pas tout à fait comme prévu, et si il plaqua bien le jeune O’Byrn au niveau de la hanche, les projetant toutes deux à nouveau à terre, il ne parvint pas à assurer sa prise sur le cou de son adversaire, comme il l'entendait. Incapable de déstabiliser suffisamment Amos pour dégainer sans risque son arme, il profita de ce que Nylam était allongé sur le dos pour se jeter une nouvelle fois sur lui, mais avec l'intention de le rouer de coups jusqu'à ce qu'il abandonnât et se révélât coopératif. Ce n'était pas une tactique très élaboré, mais elle avait le mérite d'être facile à trouver dans un duel, d'être tout aussi simple à appliquer, et de ne nécessiter aucun matériel particulier. Il réussit à prendre le dessus, et un cri victorieux s'échappa de sa bouche tandis qu'il brandissait le poing qu'il allait abattre sans pitié. Il frappa, de droite et de gauche, alternativement, compensant son manque de force et son absence de précision par une rage et une détermination qui l'aveuglaient totalement, et le rendaient inattentif à toute riposte, à tout danger.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Anonymous

Invité


MessageSujet: Re: Chapitre IX - Famille [SOLO] Chapitre IX - Famille [SOLO] EmptyMar 23 Juin 2015 - 1:28

La région des Marécages Brumeux était désormais endormie, et rien ne venait troubler le sommeil de ses habitants. Il régnait dans ses rues un silence presque complet, seulement interrompu par la respiration haletante de deux silhouettes immobiles, se toisant avec une méfiance réciproque. La lune, qui réussissait à éclairer quelque peu la scène malgré les nuages noirs qui erraient dans le ciel, révélait à grand peine les maigres détails de la situation. Les individus étaient deux jeunes hommes, qui semblaient calmes pour l'instant, mais qui pouvaient se transformer en combattants redoutables à tout instant. La tension qui régnait entre eux deux était à son comble, et le silence qui s'était abattu n'était qu'une illusion destiné à masquer la violence qu'ils étaient prêts à déchaîner. Nylam se retrouvait présentement en position de faiblesse, sans vraiment avoir eu le temps de comprendre ou pourquoi ou comment.

Amos avait pourtant réussi à prendre le dessus, et à asséner quelques coups à son adversaire, mais visiblement cela n'avait pas suffi à la mettre hors combat. En une fraction de seconde, les rôles avaient été inversés grâce à une prise très habile de la part du jeune O’Byrn, et c'était Amos qui avait dû se protéger de son mieux. Au corps à corps, il n'avait jamais été particulièrement talentueux, même s'il aurait été idiot de le sous-estimer. Ce n'était tout simplement pas le domaine qu’il préférait. Il était rapide et agile, ce qui lui permettait la plupart du temps de frapper sans avoir à essuyer de riposte, mais lorsqu'il était coincé comme présentement, il se rendait cruellement compte qu'il n'avait pas le gabarit pour se défaire d'un quelconque opposant. C'était la raison pour laquelle il combattait principalement à l'aide de sa lance,

Dans cette rue sombre et froide, sous le ciel nocturne de ce rude hiver, il avait attaqué avec la férocité et la rage du plus dangereux des meurtriers, mais avec l'expérience et la compétence d'un enfant de dix ans. Un mélange qui pouvait se révéler incroyablement efficace, ou incroyablement suicidaire, selon la chance. Mais Amos ne tenait pas compte de la chance, ou des probabilités : il s'était fié à sa résolution, et à sa volonté de gagner. Il était convaincu qu'il pouvait l'emporter, qu'il allait l'emporter, certain que la victoire lui tendait les bras, et ne pouvait en aucun cas lui échapper désormais qu'il avait pris l'ascendant. Il n'imaginait tout simplement Nylam en mesure de se libérer de son emprise, et encore moins d'inverser purement et simplement leurs positions pour prendre l'avantage.

Le souffle coupé par le choc contre le sol et par le jeune O’Byrn qui s'était juché sur son torse, il avait vu trop tard le crochet armé par son adversaire, et l'avait reçu en pleine tempe sans rien pouvoir faire pour l'éviter. Le coup le toucha avec violence, et il laissa échapper un cri de douleur, rauque et bref. Son cou tourna sans qu'il le voulût, et il crut que sa tête allait se détacher de son corps. Finalement, il demeura en place, mais ce fut au prix d'une souffrance terrible. Amos, sonné et perdu, tenta de se relever sans vraiment s'en rendre compte. Probablement un réflexe de survie que son corps lui imposait. Mais Nylam était encore là, et il plaqua fermement le jeune Neuri au sol. De nouveau, celui-ci grogna : les dagues, rangées dans les fourreaux accrochés à son dos, venaient de lui rentrer douloureusement dans les reins et il se cabra pour essayer d'atténuer cette sensation, en vain.

De petits points lumineux dansaient devant ses yeux, comme si les nuages avaient été chassés par un fort vent d'Ouest, qui s'était aussi amusé à faire s'agiter les étoiles qui brillaient dans le ciel. Le tout était certainement magnifique, mais c'était surtout incroyablement déstabilisant. La douleur qui lui vrillait le crâne et qui lui donnait la nausée rendait ce spectacle aveuglant, et il était incapable de discerner clairement quoi que ce fût autour de lui. Il leva les mains pour se protéger d'une éventuelle seconde attaque, tout en sachant qu’il ne serait pas en mesure de la contrer si celui-ci venait à venir. Il ferma les yeux un instant, et les rouvrit, pour constater que la ronde des étoiles était toujours aussi endiablée, et qu'elle ne semblait pas vouloir s'arrêter. Amos, incapable de se protéger et incapable de se libérer, attendit donc en serrant les dents le prochain assaut de la part de son adversaire, bien conscient qu'il scellerait probablement son destin. Mais il ne vint pas.

Le fameux silence qui embaumait la cité royale, et qui semblait avoir une consistance propre, provenait de là. Il semblait avoir émergé spontanément des profondeurs de la terre, balayant brutalement le chaos et les cris de la bataille. Amos respirait rapidement, reprenant peu à peu ses esprits, s'interrogeant quant à savoir pourquoi il était toujours entier, et pourquoi Nylam n'avait pas poussé son avantage alors qu'il en avait l'opportunité. Comme si il avait perçu sa question muette, une voix s’éleva :
 
- "Vous avez pas bien finis tous les deux !"
 
Ils tournèrent la tête aperçurent la tête d’Eclari, furieuse. Elle semblait qu’elle venait d’arriver et sa voix, bien que spirituelle avait été suffisamment forte pour les arrêter. Amos se souvint subitement de sa rencontre avec la créature renarde nuit aux étranges flammes bleutées. Il l’avait toujours ressentis l’avait-il admis, mais grâce au rituel du lien qu’elle avait effectuée, il pouvait la voir clairement et l’entendre. C’était très utile comme arme, mais très désagréable comme être, bien qu’admirable.
 
A ses côtés se tenait l’étrange mais très agréable Alice. Il y avait en elle une grâce et un comportement digne d’une noble qui pouvait expliquer l’histoire du royaume de Kirlhé de Nylam. Elle était très gentille et Amos mentirait s’il n’avouait pas l’avoir trouvé jolie. Plus que le physique, c’était son âme douce qui l’avait charmée, et son cœur pur et tendre envers tous.
 
- Vous n’en avez pas assez tous les deux ? De toujours vous battre.
 
La voix de la jeune blonde était à la fois épuisée de revoir la même scène, mais également brisée par le chagrin de voir que la relation entre ces deux personnes ne s’était pas encore arrangée. Elle ne saurait que trop avouer qu’elle appréciait énormément Amos, en dépit de ses viles provocations envers Nylam, il s’était montré charmant et attentif à ces besoins. D’une certaine manière, il était plus compréhensif au fait qu’elle soit une fille que Nylam, qui considérait tout le monde comme son égal et devait agir donc comme lui.
 
 Nylam avait stoppé son poing, et alors que la question intérieure d’Amos restait en suspens, il entreprit de lui fournir une explication, pour justifier son comportement. Le jeune Neuri put ainsi apprendre que Nylam venait de Ca Elum. D'après ce qu'il en savait, ce n'était rien de plus qu'un grand territoire peuplé de guerriers étranges, qui avaient servi des seigneurs obscurs plusieurs siècles auparavant. Etrangement, il était difficile d'imaginer que le jeune O’Byrn fût originaire de ces terres lointaines, ne serait-ce que parce qu'il n'en avait pas le type et qu’il ressemblait davantage à un homme de Fiore, mais dans sa situation, aurait-il eu un intérêt particulier à mentir, alors qu’il pouvait sans peine se débarrasser d'un témoin gênant ? Cela signifiait-il pour autant qu'il fallait croire tout ce qu’il lui disait ? Amos, croyant voir dans ses explications une marque d'inattention, tenta de se relever, mais Nylam le plaqua de nouveau au sol. Il gémit faiblement à nouveau, et décida de demeurer tranquille. Il était totalement à la merci de ce jeune mage étrange, et il n'avait pas particulièrement envie de la contrarier. Puis, avant que le jeune Neuri eût pu dire quoi que ce fût, il lui imposa un choix simple : la confiance et paix, ou bien la méfiance et la guerre. Dans sa situation, il n'était pas véritablement en mesure de négocier, et c'est de mauvaise grâce qu’il grommela :

- Tu as gagné, c'est bon ! J'accepte de croire à ton histoire. Je vais te faire davantage confiance.

Mais Nylam ne bougea pas, et Amos se demanda si il attendait autre chose. il fouilla dans sa mémoire, et finit par trouver un argument de poids :

- Ecoute... La fille que tu cherches… Cette blonde aux cheveux courts… Je ne pense pas pouvoir la trouver, mais je te conduis à Magnolia rencontré mon contact. Lui, il aura certainement des informations.

Il avait pris sa voix la plus doucereuse, la plus mielleuse, et il était difficile de savoir s’il était parfaitement sincère, ou s’il manigançait encore quelque fourberie dont il avait le secret. Son masque froid en dissimulait trop pour qu'il fût possible de trancher avec certitude. Alors que Nylam demeurait silencieux, probablement occupé à considérer le pour et le contre, une voix forte les héla, les faisant sursauter tous les deux, ainsi qu’Eclari et Alice:

- Hé ! Qui va là ?

Ils tournèrent simultanément la tête en direction d'une petite tâche de lumière qui venait d'apparaître, chassant prestement les ombres qui avaient élu domicile au coin des maisons. La lumière en question était une torche, tenue par un homme qui menait une patrouille de soldats. Une garde de mages du Conseil. Le groupe resta un moment interdit, mais ce fut Amos qui réagit le plus vite. Il renversa Nylam sur le côté, alors que ce dernier avait relâché un peu sa prise, et se releva rapidement, à la recherche d'une solution :

- Dépêchez-vous, courrez ! Siffla-t-il.

Il s'empressa de ramasser son manteau, et de s'élancer dans une ruelle, sans vraiment se soucier de savoir si on le suivait ou s’ils tenaient le rythme. Mais visiblement, Nylam était aussi un athlète, et il parvint à suivre, malgré qu’il tirait derrière lui Alice et Eclari posé sur ses épaules. Derrière eux, des cris retentirent, alors que la patrouille forçait l'allure devant un délit de fuite manifeste. Amos avait allongé la foulée, mais les gardes devaient être bien entraînés, car ils les collaient au train, et ils ne semblaient pas décidés à abandonner. Menant toujours la course à travers un dédale de ruelles, il finit par se retourner et lancer :

- Cachez-vous ! Cachez-vous !

Il avait désigné du doigt un recoin sombre, au niveau du sol, à peine visible. Deux personnes pouvaient s'y glisser sans se faire remarquer, à condition de ne pas avoir peur de mettre la main sur un rat, ou pire. La cachette était sûre, à condition de savoir se faire petit. Amos savait que les soldats n'allaient pas tarder à arriver, aussi fila-t-il en direction du mur le plus proche. Il bondit avec la souplesse d'un chat, et s'accrocha au rebord d'une fenêtre. A la force des bras, il se hissa, grimpa encore quelques mètres le long d'une corniche, où il se dissimula, arrêtant même de respirer pour ne pas trahir sa localisation. Quelques longues secondes après avoir pris position, il vit la torche arriver à toute vitesse, suivie par la silhouette de six gardes qui allaient au pas de course, la main prête à dégainer. Les hommes passèrent au pas de course, ébranlant le sol du martèlement assourdissant de leurs lourdes bottes sur le sol. Ils dépassèrent leur position, et continuèrent leur route, convaincus d'être sur la bonne voie. Amos attendit un bref instant, avant de descendre de son promontoire, et de retrouver Nylam et Alice, qui quittaient eux-mêmes leur abri.

- Venez, suivez-nous. On a repéré un endroit où dormir.

La jeune blonde avait parlé sans attendre de confirmation, Alice et Eclari vers là d'où ils venaient, et s'arrêta bientôt à côté de ce qui ressemblait à s'y méprendre à une étable. C'était en réalité la maison d'un marchand, qui abritait ses chevaux dans un bâtiment de pierre. Les animaux dormaient des boxes cadenassés, mais tous les emplacements n'étaient pas occupés. Ils rentrèrent en passant par une fenêtre qui se trouvait à un mètre cinquante du sol, et retombèrent aussi discrètement que possible à l'intérieur. Après s'être assurées qu'il n'y avait nul garde ou nulle présence inadéquate à l'intérieur, ils se glissèrent dans l'enclos le plus éloigné de la porte, en prenant bien garde de ne pas réveiller les chevaux. Ils ouvrirent la porte qui grinça un peu, et évaluèrent un peu la trouvaille de l’équipe féminine de leur groupe. Le coin était plutôt sympathique, avec suffisamment de paille pour dormir tranquillement. Amos accrocha son manteau, pour éviter qu'il ne soit couvert de brins le lendemain, et entreprit de chercher de l'eau :

- J'ai besoin de me nettoyer, lâcha-t-il en guise d'explication. Et ça...

Il avait désigné ses vêtements, qui avaient pris une teinte plus foncée. Il faisait trop sombre pour en deviner la couleur, mais il était évident que c'était du sang. De toute évidence, l'altercation entre Amos et Nylam avait laissé des traces, et le jeune Neuri s'était ouvert la lèvre. Il s'éloigna en direction d'un bassin plein d'eau, et pencha la tête pour y tremper ses longues mèches argentés, qu'il frictionna vigoureusement jusqu'à ne plus sentir le contact du sang. Avant de continuer, il se retourna vers Nylam, puis vers Alice et lui lança d'un ton d'une extrême fermeté :

- Ne regarde pas.

Puis, sans attendre, il se retourna. Dos au groupe, cette dernière ne pouvait pas voir ce qu’Amos cachait derrière ce haut, mais il était évident qu'il n'en était pas fier. Il trempa son haut dans l'eau, et gratta soigneusement le sang. Il se pencha ensuite, et nettoya son visage, avant de remettre son vêtement en place. L'opération n'avait duré que deux minutes, mais il eut un soupir de soulagement lorsqu'elle remit ce haut, comme si sans lui il était incapable de respirer. Il revint dans l'enclos, et s'allongea sans cérémonie sur la paille, un couchage plutôt luxueux en comparaison de ce qu’il avait l'habitude d'avoir :

- Si vous voulez faire une toilette, profitez. Demain, on n'aura peut-être pas le temps.

Il ferma les yeux, tandis que Nylam et Alice vaquèrent à leurs occupations. Etait-il en train de chercher de quoi rendre son couchage confortable ? Et était-elle en train de se rafraîchir ? Difficile à dire. La jeune Neuri sortit de son sac une petite couverture qu’il étendit sur lui pour se protéger du froid nocturne, même si son corps était bouillant à cause de la course poursuite. Finalement, Nylam s'installa. Il n'avait pas dit grand-chose, seulement avait rassuré sa petite protégée à plusieurs reprises, mais il était probablement absorbé aussi  par ses propres réflexions, aussi Amos décida-t-il de briser un peu la glace :

- Pour tout à l'heure, euh... désolée de pas t'avoir cru. Ton histoire est étrange, mais je suppose qu'on a tous des trucs bizarres dans notre passé... Quoi qu'il en soit, je vais t’aider, comme promis. Maintenant que nous avons le coffre, nous allons pouvoir faire route pour Magnolia.

Alice montra un petit coffre en fer massif qu’elle avait dissimulé sous ses vêtements. Amos marqua une pause, et ajouta :

- Mais pour l'instant, il faut dormir. Bonne nuit !

Il ferma les yeux, et s'installa confortablement sur le côté, comme si il s'apprêtait réellement à dormir. En réalité, même si il l'avait voulu, il en aurait été bien incapable. Des années de conditionnement l'avaient rendu tellement méfiant qu'il ne pouvait pas s'assoupir dans un endroit qu’il ne considérait pas comme sûr. Et qu'y avait-il de moins sûr qu'un enclos appartement à  on ne savait qui, qu’il partageait avec une jeune fille doucement étrange, un esprit animal, et mages aux talents uniques ? Il paraissait difficile de se relaxer dans un tel environnement. Il ne montra cependant aucun signe qu’il restait éveillé, et attendit patiemment le lever du jour. Nylam s'endormit bientôt, peut-être vaincu par l'agitation de la soirée, en tout cas il ne dira jamais qu’il avait ressentis et détecter la méfiance d’Amos grâce à son don. Amos songea un instant à lui faire un coup en traître, mais il y renonça bien vite. Ce mage l'avait épargné, et il ne tenait pas particulièrement à le tuer. Au lieu de quoi, il monterait la garde pour deux. Après tout… Il n’osait l’avouer, mais il sentait qu’un jour, il aurait besoin de lui.
 
 
Ainsi se déroula tout leur voyage, un conflit sans cesse entre deux jeunes mages, qui se chamaillaient et s’affrontaient sans cesse, mais apprenant chacun au fur et à mesure l’un sur l’autre, apprenant même à vivre l’un avec l’autre, voire l’un pour l’autre.
Amos s’était attaché à eux, il leur avait même appris à se défendre, à mieux chasser, à mieux se préparer, même si il gardait un mystère dans sa vie. Il avait pris soin d’eux, d’une manière qu’il pensait avoir oublié… C’était même manière qui le poussait à bouger à travers le monde : La famille.
Il se haïssait de considérer d’autres personnes, des inconnus comme de la famille, mais son cœur se serrait au fur et à mesure de leur voyage, car il savait que cela devait prendre bientôt fin... Et cela arriva, quand ils mirent leur premier pas à Magnolia.

To Be Continued
Chapitre X - Fairy Tail
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: Chapitre IX - Famille [SOLO] Chapitre IX - Famille [SOLO] Empty

Revenir en haut Aller en bas

Chapitre IX - Famille [SOLO]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: Ancienne disposition :: Fiore Sud-