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Chapitre I - Le Géant [SOLO]

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MessageSujet: Chapitre I - Le Géant [SOLO] Chapitre I - Le Géant [SOLO] EmptyDim 14 Juin 2015 - 20:59



Chapitre I - Le Géant
"La fin n’existe que pour les personnes qui croient le livre fermé"
Précédemment - Fiche de présentation - Born in the Limbo



Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes
Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes
Et détournant mes yeux de ce vide avenir
En moi-même je vois tout le passé grandir
Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore
Près du passé luisant demain est incolore
Il est informe aussi près de ce qui parfait
Présente tout ensemble et l'effort et l'effet

Guillaume Apollinaire, Cortège


Certaines légendes parlent de lieux fantastiques, invisibles au commun des mortels, auxquels les initiés ne peuvent accéder que selon un décorum bien particulier : s’immerger à l’aube dans un lac en faisant face au ponant, marcher à reculons dans un chemin abandonné sans porter du rouge, frapper deux coups longs et trois courts sur une porte avant de l’ouvrir, etc. Si ces conditions ne sont pas observées, la personne se retrouve dans un endroit tout à fait banal, dans le cas où une fausse manœuvre ne l’aurait pas précipitée dans un quelconque recoin obscur et menaçant d’un autre monde.


D’autres légendes encore évoquent des créatures de toutes sortes, leprechauns, lutins, farfadets, trolls et autres nains, lesquels évoluent au sein des humains à leur barbe et à leur nez, élisant domicile dans des cachettes où ils peuvent en toute tranquillité faire leur demeure sans crainte d’être dérangés, ne laissant échapper comme signe de leur présence qu’un couinement, un grincement ou un murmure occasionnel.

Nylam, modeste et discret, ne se serait jamais arrogé quoi que ce soit de surnaturel, pas plus qu’il n’aurait osé prétendre connaître d’emplacement échappant particulièrement aux lois de la réalité. Cela n’empêchait qu’en ce moment présent, il n’était pas sans offrir une certaine similitude avec quelques être féerique occupé à se rendre en toute diligence à un lieu reculé, filant comme une ombre jusqu’à un emplacement connu de quelques élus.

Car enfin, représentez-vous donc ce petit bonhomme athlétique malgré qu’il semble maigrichon avec sa taille modeste et que sa musculature n’était pas visible avec tous ses vêtements sombres. Imaginez-le occupé à bondir comme un petit félin à travers les hauts obstacles. Ce fut alors qu’il tourna sur sa droite une fois, deux fois, puis trois, et enfin un fois sur sa gauche, qu’il arriva à destination.

Un édifice composé de lourds moellons plus ou moins délogés par le cours des années, ayant apparemment comme but le toit de cet imposant –et plutôt sinistre- bâtiment. Tâche grise sur le gris des pierres, en cette heure où le soleil n’est plus très loin d’aller paresseusement se coucher pour laisser libre cours au soir puis à la nuit, il ne paraît être rien de plus qu’une ombre floue, fugitivement aperçue et rapidement oubliée. Il entra à l’intérieur sans daigner vérifier qu’il s’agissait bien du café Lone Eye. A Ca-Elum, il y avait de nombreux cafés après tout, il aurait pu très bien se tromper.

Il ouvrit la porte de volée et fut rassurer de se trouver au bon endroit. Un café ressemblant plus à un bar. Lugubre, humide, sale et plein d’opportunités. Il scruta la pièce de ses yeux jaunes et repéra immédiatement toutes les sorties possibles. Il savait où il mettait les pieds et il devait savoir comment en sortir. Enfin, ses yeux tombèrent sur une table dans un coin du bar où quatre hommes l’attendaient patiemment. Il feint un petit sourire en coin et s’en alla les rejoindre. Il enleva son casque sur les oreilles, prit une chaise et s’assit bruyamment à la table. Ils firent tous un son inaudible pour exprimer leur désagrément. Parfait. S’ils étaient si expressifs, ça l’arrangeait. Puis, après que ce long silence fut enfin apprécié, un des hommes ouvrit la conversation :
 
- Que le jeu commence.
 
Nylam reçut alors ses deux cartes et chacun se préparait à faire leur partie de poker. Sûrement la plus importante pour chacun d’entre eux. Pour lui, c’était un jeu comme un autre, où il fallait ruser et savoir entourlouper ceux qui lui faisait face. Enfin, c’était ce qu’il se jurait intérieurement afin que personne ne puisse lire en lui. C’était ce qu’il espérait, mais un des joueurs s’adressa alors à lui :
 
- Alors comme ça petit, tu joues pour te rendre à Fiore, hein ?
 
Nylam lui jeta un coup d’œil, feignant l’étonnement. Alors comme cela, ils n’étaient pas des joueurs ordinaires. Chacun avait fait des recherches sur chacun. Ce n’était pas vraiment à son avantage, mais ça ne l’atteignait pas pour autant. Ils essayaient de le déstabiliser, mais il avait plus d’un tout dans son sac. Il regarda le vieil homme qui venait de lui parler. Celui-ci avait une balafre sur la joue droite et deux yeux noirs qui semblaient être épuisé par les malheurs qui l’avaient atteint. Une barbe de plusieurs semaines, tâchée par l’alcool et la nourriture abjecte de Ca-Elum.
 
- Je dirais que nous sommes tous là pour nos objectifs personnels, Monsieur Johnson, lui dit-il d’une voix mielleuse, après tout, vous êtes bien là pour utiliser des moyens pour récupérer la fortune que vous a pris votre ex-femme.
 
Cette fois-ci, les yeux tristes de Monsieur Johnson devinrent rouge vif, il fit un petit bond violent mais n’osa pas insister sous le regard ennuyé des autres joueurs. Il retourna à la partie et jeta un regard mauvais à Nylam, avant de renchérir le pari. Nylam O’Byrn lâcha son sourire le plus large. La provocation : une des meilleures manières de perturber les personnes au poker. Oui, il avait fait ses recherches aussi. A dire vrai, il avait fait ses recherches sur toutes ces personnes. Celui qui était à sa droite était Monsieur Johnson, après lui c’était Ashwin Jahanara, un étranger sans papier qui veut utiliser les gains pour en faire des faux de qualité. Après lui c’est Allen Mac Willer un homme très fin, soigneux de lui-même, personne ne se doute que cet argent l’aiderait à faire une opération pour devenir transsexuel. Enfin, celui qui était à sa gauche était un joueur invétéré qui n’était là que pour le risque et le plaisir du jeu : Henry. Pas de nom supplémentaire pour lui. Ça ne le dérangeait pas vraiment, à Ca-Elum, tout le monde pensait que Nylam s’appelait Michael Howard.
 
Quoiqu’il en soit, le jeu lui promettait d’être intéressant. Il avait d’amusant adversaires, mais ça lui allait, ça ne le dérangeait pas du tout. Il avait un instinct plus redoutable que la moyenne. D’ailleurs, il n’avait jamais perdu au poker. Enfin, pas depuis qu’il avait compris les règles. En fait, son instinct était extrêmement développé, il lui était facile de déterminer si une personne mentait ou non, ou même si elle paniquait ou si elle se réjouissait. Il n’arrive pas à expliquer comment ça se fait. Il arrive juste à déterminer une sorte de forme éthérée colorée derrière chaque individu qui s’exprime en fonction de ce que pense l’individu. Ça lui avait toujours paru normal auparavant et que tout le monde pouvait distinguer cela. Mais après s’être confié à un type de Stella, il se demandait s’il n’était pas plus spécial qu’il le croyait. Enfin, il savait qu’il était génial, mais peut-être était-il différent. Sur cette belle pensée, il renchérit davantage, sûr de gagner. Un full house en main, et autour de lui, personne n’était vraiment sûr d’avoir une bonne main. Même ce bon vieux Henry pensait pouvoir s’en sortir en jouant au bluff mais grâce à l’instinct de ce jeune O’Bryn, il n’y prenait pas.
 
- Bon sang, t’es dur toi, dit alors Allen d’un regard avisé.
 
L’aura que dégageait ce futur travesti venait de lancer des frissons à ce pauvre Nylam, mais cela ne l’empêcha pas de récolter ses gains, de le remercier du compliment d’un sourire et de poursuivre la partie. Le jeu qu’il avait en main cette fois-ci était moins intéressant, mais avant de se précipiter sur la moindre décision, il se concentra davantage sur les humeurs de ses adversaires.
 
Indécis, indécis, heureux et… Le jeune O’Byrn s’arrêta brutalement sur cette pensée. Il tourna furtivement la tête dans tous les sens, le plus lentement possible. A l’instant, un frisson venait de parcourir toute son échine. Comme si il se sentait observé, mais d’une manière différente qu’on peut être observé normalement. C’était presque un contact physique, une sensation directe. Il ressentait les sensations d’une personne qui n’était pas lui. Ça lui paraissait presque alarmant, il s’y sentirait presque connecté. Connecté depuis toujours. A droite, à gauche… Personne.
 
Non. Il y avait quelqu’un. Dans cette pièce sombre parfumée au vin et à la fumée de cigarette, une personne était assise à l’opposé des joueurs de poker. Il n’arrivait pas à voir précisément, à cause de la pénombre qui la dissimulait. Cet inconnu portait une capuche en laine dissimulant ses yeux, mais il jura avoir vu un éclat bleu brièvement. Les jambes pliées, le dos adossé au mur, cet inconnu fixait la table de Nylam. C’était bien cette personne qui les observait. Que leur voulait-elle ? C’était d’autant plus frustrant qu’il n’arrivait pas à lire son aura comme il le faisait communément avec les autres. Ça lui était déjà arrivé, naturellement, mais seulement avec des personnes trop éloignées de lui. Qui était cette personne ? Il voulait en savoir plus, sa curiosité venait de prendre le dessus. Il s’apprêta à se lever quand il vit soudainement quelque chose qui le laisse bouche bée. L’inconnu venait de relever lentement sa capuche et y découvrit des mèches blondes et perçut parfaitement les yeux bleus de cette…. Fille !
 
- "Une fille…", se répéta-t-il, comme si il essayait de se persuader qu’il avait bien vu.
 
Ce n’était pas vraiment le fait que ce soit une fille qui le perturba, mais il avait eu soudainement ce sentiment de familiarité en la regardant. L’avait-il déjà rencontrée ? Il en avait eu des rencontres durant tous ses voyages, mais il ne se rappelle pas d’avoir vu une telle personne dans tout Earthland. Il oublie rarement le visage des personnes, leurs noms c’est un autre problème, mais jamais un visage. Il resta un long moment à réfléchir tout en la regardant et c’est en restant longtemps à l’observer qu’il constata qu’elle ne semblait pas seule. Ses lèvres remuaient comme si elle parlait à quelqu’un, bien qu’il n’y ait personne. De plus, aucun fil ne semblait rejoindre ses oreilles. Qui sait ? Elle parlait peut-être à ce nouveau dispositif de lacrima en utilisant un kit-main libre, mais ce n’était pas le cas. Le jeune garçon observa plus attentivement, bien plus concentré et se surpris lui-même en se sentant presque avancé vers cette personne. Lorsque tout à coup, il fit un petit bond en voyant subitement une silhouette se dessiner sur la table de la jeune fille. Comme si une sorte de… chat venait d’apparaitre sur sa table. Enfin, c’était plus que ça, des sortes de lucioles bleues avaient apparus qui virevoltaient autour de cet être.
 
- Bon, tu fais quoi ? Demanda l’étranger.
 
Surpris, il se retourna subitement et fit un petit bond et s’excusa. Il relança sa mise sans vraiment faire attention au jeu et jeta de nouveau un coup d’œil derrière lui. La jeune fille n’était plus là. Les autres joueurs regardaient également derrière le jeune garçon, puis se jetèrent tous un coup d’œil et firent un air étonné, comme si ils le prenaient comme un échappé d’hôpital psychiatrique. Enfin… Tant qu’il y avait de l’argent à gagner, ce n’était pas leur problème.
 
Quant à Nilam, il resta extrêmement pensif. Il n’avait jamais eu une telle sensation de déjà-vu. Non, ce n’était pas ça, c’était plus du déjà-ressentis. Cette fille lui était familière mais il ne savait pas d’où. Il sortit de sa rêverie et retourna au jeu plus concentré que jamais. Il ne pouvait se permettre de perdre, pas après autant d’investissement.
 
- Fiore, hein ? Commença tout à coup Henry qui voulait briser cette étrange ambiance créé par Nylam. Qu’est-ce qu’un petiot comme toi veut aller faire là-bas ?
 
Le jeune O’Byrn analysa son adversaire de la tête au pied, il n’y ressentit rien de malsain mais tout de même, il avait une forte envie de l’envoyer valser s’occuper de ses propres affaires. Toutefois, mieux vaut pas se faire ennemis de tous dans ce genre de jeux.
 
- Ce n’est qu’une idée. J’aimerai beaucoup voyager et Fiore m’a l’air très attirant, où on peut y découvrir plein de choses.
 
Il avait répondu avec toute l’honnêteté qu’il y disposait. Du moins, il n’osait pas insisté sur le fait qu’elle soit attirante, il se sentait plutôt attiré par cette terre pleine de mystères. La première fois qu’il en avait entendu parler, il avait la sensation que cette contrée était bien plus que ce qu’elle prétendait être. De nombreux secrets s’y dissimulaient et il voulait les découvrir.
 
- Et bien… C’est un beau rêve que tu as là, c’est vrai que pour faire fortune, c’est magnifique comme région, poursuivit Allen.
 
- Vous y êtes déjà allé Monsieur Willer ? Demanda Johnson intrigué et subitement intéressé.
 
- Oh, appelez-moi Allen, ricana-t-il en agitant sa main gêné. Oui, plusieurs fois, répondit-il enfin.
 
- Comment c’est ? Demanda aussitôt Nylam, les étoiles plein les yeux.
 
- Et bien mon petit Mike, dit-il en s’adressant à Nylam, c’est magnifique. Je vous jure je me croyais dans un véritable rêve mêlé à de la fantaisie. Je vous assure, une avancée technologie à envier et un style à tomb..
 
- C’est aussi un endroit de démons, coupa sèchement le jeune étranger, l’air sombre sur son jeu de cartes.
 
Le silence s’installa soudainement. Tout le monde regarda le jeune étranger avec des yeux ronds, espérant avoir bien entendu. Ce n’était pas seulement le terme qu’il avait utilisé, c’était le comportement qu’il avait. Il tenait ses cartes fermement, ses yeux regardaient le centre de la table, mais ce n’était rien d’autre qu’un regard vide. On pouvait deviner quelques frissons et une lèvre qui se mordillait hâtivement. Bien évidemment, tout le monde ne pris pas ces paroles au sérieux, mais personne ne resta aussi étonné que Nylam. Bien entendu, on aurait pu le prendre pour un jeune homme insensé, mais quand on arrive à percevoir les sentiments des gens seulement par le regard, on pouvait y voir une peur pure, une colère visé, mais surtout ce continuel effroi. Il ne mentait pas quand il parlait. Le jeune O’Byrn ouvrit lentement la bouche, mais aucun son ne sortit et avant qu’il n’ait pu reprendre ses esprits, Ashwin venait de faire tapis.
 
- Cette fois, c’est pour moi, dit-il d’un sourire crispé.
 
Il était évident qu’il mentait, et on n’avait pas besoin de lire les auras pour le deviner. Cet étranger n’avait juste plus envie de poursuivre la partie, c’était plutôt son envie d’arrêter cette conversation, cette étrange sensation qui le parcourrait qui le poussait à agir presque inconsciemment. Après un instant d’échange de regard, les joueurs poursuivirent la partie.


La victoire revint à Allen qui lâcha un petit ricanement efféminé.
Ashwin poussa un long soupir et martela le sol du pied, agacé et attristé. Il frappa du poing la table et se leva d’un bond avant de s’éloigner, l’esprit plein de haine et de frustration.
 
- Fais attention à cette terre, c’est berceau du danger, lâcha l’étranger à Nylam, presque dans un murmure.
 
Le jeune O’Byrn resta un moment sans bouger, puis osa finalement tourner sa tête derrière lui, regardant la porte de sortie se refermé et voir le visage ferme et sérieux de Ashwin. Etait-il sérieux ? Etait-ce de cela qu’il parlait en mentionnant les "démons" ? Un danger ? Mais quels étaient les secrets que renfermaient donc Fiore ?
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MessageSujet: Re: Chapitre I - Le Géant [SOLO] Chapitre I - Le Géant [SOLO] EmptyDim 14 Juin 2015 - 21:03

- Et bien… Y en a qui savent faire une sortie ! S’exclama Allen joyeux. Je veux dire, regarder, il plombe l’ambiance, mais remplit mon porte-monnaie, si ce n’est pas généreusement paradoxal ça.
 
C’était les dernières paroles prononcées, après cela, il y eut seulement un petit ricanement de cet efféminé puis des grommèlements des autres joueurs. Nylam lui n’avait pas réagis. Il était insensible à ce genre de comportement, mais il restait très intrigué par les paroles du joueur éliminé. Après tout, il venait d’essayer de remettre en question les objectifs du jeune O’Byrn. Que devait-il vraiment en penser ? Il n’était pas du genre à prendre des risques de ce genre et encore moins à courir après le danger, quand on a pas le moindre information sur ce qu’il l’attendait. Toutefois, il était encore moins le genre de personne à abandonner simplement parce que quelqu’un lui a dit de le faire. Mais tout de même, après cette victoire à ce jeu, parce qu’il est sûr de gagner, qu’allait-il faire ? Après avoir accosté Fiore, il devra faire face à ce "danger".
 
Il resta un moment silencieux et finit par sourire. Cette pensée l’amusait. Le danger ? Comme dirait cette bon histoire qu’on lui contait à East Hope, sur ce petit lion qui dirait : "Le danger ? Moi, j’aime le danger. Je me ris du danger. Ho ho ho !". Bon, bien évidemment après cette pensée, aucune hyène ne lui sautera dessus. Enfin… Il l’espère.
 
La partie continuait et cela tournait toujours à son avantage, il gagnait de plus en plus, pratiquement à toutes les parties et il arrivait à déplumer ce vantard d’Allen qui s’était sentis en avantage grâce à la somme qu’il avait gagné chez Ashwin. Quel idiot présomptueux personnage. Le seul qui pouvait monter sur ses grands chevaux c’était lui. Après tout, il était seul à avoir un avantage certains : son habilité à voir quand les gens mentaient.
 
Bon évidemment, il y avait un autre stratagème qu’il se gardait d’exposer. Magnifiquement dissimuler dans ses vêtements, des cartes étaient cachées. Puis, après un petit tour de passe-passe et une agilité étonnante de ses mains, il parvenait a changé son jeu, et a remporté la donne. Bien sûr, il lui arrivé de se faire prendre, mais il s’en sortait toujours dans ce genre de situation, il gardait même les gains.
En y repensant, Nylam admettait que c’était une vie bien étrange qu’il avait là. D’aussi loin qu’il se souvienne, il avait toujours vécu dans Earthland. Après avoir fugué de l’orphelinat East Hope, il n’est jamais retourné à East Hope, de peur que quelqu’un l’y retrouve. Même maintenant qu’il a 19 ans, il ne ferait rien qui risquerait de le ramener aux autorités. C’était peut-être cela son véritable objectif : la liberté. Il ne veut aucune contrainte, aucune limite. Il ne veut pas être limité à Eathland, à la mer qui l’empêche de rejoindre cette fameuse contrée : Fiore.

C’était quand même très enfantin, mais c’était dans sa nature. Il aime jouer et se jouer de tout. La preuve est là, pourquoi tricher à un jeu alors qu’il est certain de gagner à l’aide de son instinct parfait ? C’est simplement un jeu, un jeu dans lequel il évolue sans arrêt et le but : ne jamais se faire prendre. Bien sûr, ce jeu ne s’est pas fait de manière inné. C’est arrivé quand il a commencé à vivre dans les rues. Il avait dérobé beaucoup d’argent avant sa fugue et ne voulait pas recommencer, car il se sentait coupable de ce qu’il avait fait subir à ses anciens tuteurs. Ils n’avaient pas mérités cela. Mais même si la liberté pouvait avoir un goût amer, cela lui restait délicieux. Quoiqu’il en soit, il avait repris le vol lorsqu’il était tombé nez à nez avec un commerçant qui négligeait le personnel d’un restaurant alors que lui était devant en train de mendier. Il ne faisait que passer, après tout, les autorités n’auraient jamais admis un enfant de 15 ans être mendiant. Cependant, quand on s’appelle Nylam O’Byrn, on est sans cesse en déplacement et on n’attend pas à ce qu’on se fasse attraper, on court sans arrêt.

C’était ce qu’il s’était passé ce fameux jour. Ecœuré par l’orgueil et la maltraitance de cet homme, Nylam entra dans le restaurant et feint de lui mendier de l’argent. Evidemment, tout aussitôt des personnes vinrent lui faire barrage de leur corps, et ce fut au moment que celui-ci demanda à "seulement voir son visage", que le jeune O’Byrn se précipita vers lui et lui faucha son porte-monnaie. D’un bond il sauta sur la table où dinait ce commerçant et donna des coups de pied dans toute la nourriture, avant de se précipiter vers les cuisines, et s’enfuit par la porte de services. Après cela, il poursuivit sa course effrénée dans les rues et parvint à les semer. C’était cela qu’il aimait : le danger, l’excitation. Une raison de plus pour aller à Fiore. Qu’importe le danger, il y fera face, et ça le lui plairait même.
 
Tout de même, il espère quand même que ce n’est pas aussi apocalyptique qu’il n’y prétend. Le souci est qu’il n’a pas vraiment envie de s’impliquer trop dans les histoires, c’est un jeune garçon discret. Il a déjà eu des expériences où il s’impliquait trop dans les histoires et ça lui a coûté beaucoup. Cela remontait à il y a deux ans à peu près, il s’était réveillé à Ca-Elum et ne savait pas du tout comment il y était arrivé. Il était à Stella la dernière fois qu’il se souvenait. Quoiqu’il en soit, il ne s’était jamais sentis aussi éveillé que ce jour-ci, quoique quelque peu endoloris, comme si il avait passé une vie entière à se battre.
 
Après avoir visité Ca-Elum, il a fait la rencontre de plusieurs personnes mal famées, mais c’était mieux que rien. Il n’avait pas vraiment envie d’être seul, il ne se sentait pas à l’aise. Ce qu’il ne comprenait pas du tout, puisqu’il avait vécu toute sa vie tout seul. Il s’était donc, au fur et à mesure, impliqué dans des histoires de ces personnes, sans se rendre compte qu’il intégrait un gang de malfrats. Pas besoin d’expliquer comment ces histoires peuvent facilement dégénérer. C’était ce qu’il se passa dans son cas, une histoire de meurtre causé par son gang et il n’était pas très garant de ce genre de crimes. Voler, il veut bien, tuer… c’était une histoire qu’il n’était pas prêt d’affronter, et surtout dont il ne voyait pas l’intérêt. Bref, après de nombreuses "disputes", il quitta ce gang du jour au lendemain.
Donc voilà, il ne risquerait pas de s’impliquer beaucoup dans ce genre d’histoire.

- "Mince, je suis trop pensif", se dit-il en voyant qu’il venait de perdre un gros butin.
 
Il se concentra de nouveau et relança de plus belle. Il ne put s’empêcher de lâcher un petit sourire en se disant étrange d’être si nostalgique à son âge. Il avait toutefois aimé la manière dont il s’était résumé : aime la liberté et paradoxalement le danger, et encore plus paradoxalement ne s’implique pas dans les histoires compliquées. Il était une énigme à lui tout seul. Qui sait ? Peut-être que tout cela changera un jour.
 
Il se remit dans jeu et aperçut que l’heure tournait. Il était minuit maintenant. Que le temps passait vite. Il n’avait pas assez de temps, son départ allait se faire demain dans la matinée et il n’était pas question de le rater. Il allait tout gagner avec ce dernier coup. Il misa tous ses gains. Un tel coup, c’était toujours un effroi excitant pour les joueurs de poker. Soit le joueur à un jeu parfait, soit il bluff et tous ces gains seront pour lui. Enfin, tout alla dans le sens qu’il espérait.
 
Allen était une personne qui pourrait être définis par l’excitation même. Il se laissa tenter et misa tout à son tour. Enfin, Henry adore les challenges et la passion du jeu, si deux personnes s’y mettent, il s’y met aussi. Puis, Johnson est une personne orgueilleuse et fière, mais également un pathétique suiveur.
 
Ainsi… toutes les mises du jeu allaient se faire sur les cartes qui allaient se dévoiler.
 
- Eh bien, toute cette journée va se décider maintenant chers amis ! S’exclama Henry joyeux, révélant tout à coup un discret accent de paysan.
 
- Bon sang, j’espère que tout le monde est réglo ici ! S’énerva Johnson.
 
- Il n’y a que vous qui n’êtes pas réglo. Se défendit Allen. Nous sommes tous en tenue correcte, et avons tous, certainement, pris notre bain ce matin.
 
Johnson fit de nouveau un bond et grogna quelques inepties. Décidément, Nylam était heureux d’avoir fait une partie avec de telles personnes. C’était vraiment amusant, un bon dernier souvenir de Ca-Elum : bruyant, puant, colérique et pourtant si chaleureux.
 
- "Ça va me manquer", ria-t-il intérieurement.
 
Mais soudainement cette pensée se stoppa net, il le ressentit de nouveau. Ce frisson. Non. C’était différent cette fois, c’était autre chose de plus… menaçant. Il se retourna, rien… Personne. Il soupira de soulagement et passa sa main sur son front. Il s’arrêta de nouveau et observa sa main. Il suait à grosse goutte. Il pensait être calmé, mais pourtant il était effrayé. Terrifié. Ce n’était pas une sensation normale. Il n’avait pas l’impression que cela se calmait même. Jusqu’à ce qu’une voix l’interpelle. Une sorte de doux murmure, un peu froid, qui lui dit :
 
- "Bouge"
 
Sans hésiter, le jeune O’Byrn fit un bon sur le côté en un éclair, comme si ces paroles étaient l’alerte dont il avait eu besoin pour bouger. Ce qui se passa ensuite, Nylam ne le réalisa que plus tard. Car son bond fut suivit d’un énorme bruit lourd, comme si une pierre s’était abattu sur la chaise où il était assis. Les débris du plancher et du mobilier volèrent dans tous les sens et propulsa les quatre joueurs dans les quatre coins de la pièce. Le petit Nylam s’était cogné la tête, à côté du bar. Il se la massa lentement et il lui fallut un moment avant qu’il ne reprenne ses esprits. Mais heureusement, ce ne fut pas long. Là où se trouvait sa chaise, une énorme massue y était, l’ayant écrasé, et le plancher avec.  Elle était d’un noir effrayant, bien plus que la nuit sans lune, et la personne qui tenait cette arme était… gigantesque. Il était certainement deux fois plus grand que lui. C’était la première fois de sa vie qu’il vit un homme aussi immense.
 
Plus que sa taille, cet homme était impressionnant par son allure, son accoutrement. Il portait un masque entièrement noir, sans le moindre orifice pour ses yeux. Il était encapuchonné et portait un manteau délabré, dévoilant un corps avec une musculature digne d’un guerrier. Plus effrayant, c’était les cicatrices qui jonchaient son corps, et les implants métalliques visibles. Cet homme était… dangereux.
 
Voyant son accoutrement, Nylam se rappela aussitôt de cette personne qui l’observait tout à l’heure. Il tourna son regard dans cette direction, elle n’était pas là. Mais, il était sûr et certain que ce n’était pas la même personne. L’aura qu’il dégageait, était beaucoup trop imposante. Oui… Cette aura était meurtrière.
 
Nylam se refusait d’y croire. Son cœur battait à un point qu’il pensait qu’il allait s’évanouir.
 
Oui. Il ne voulait pas y croire. Jamais il n’aurait pu penser se retrouver dans une telle situation.
 
Cet homme… avait une aura meurtrière.
 
Cet homme voulait tuer.
 
Il voulait le tuer.
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MessageSujet: Re: Chapitre I - Le Géant [SOLO] Chapitre I - Le Géant [SOLO] EmptyDim 14 Juin 2015 - 21:06

Survie. Oui. On ne passe pas son existence à la rue sans développer quelques réflexes de survie ni sans exercer son acuité afin d’éviter de se retrouver dans une situation pouvant vous faire perdre des bouts, voire vous laissant refroidi, transformé en un nouveau fantôme venant hanter les rues où vous êtes né, avez vécu et êtes mort. En l’occurrence, Nylam, sans avoir les sens d’un argus implacable, savait se servir de ses sens, et ce furent ceux-ci qui lui apprirent la venue subreptice mais indubitable d’une chose, signe de l’arrivée d’un autre être dans cet antre empoussiéré.

A cette nouveauté, le jeune homme raisonna, fort à propos, qu’un membre du personnel aurait déjà mis alerter les autorités, sans autre forme de procès, plutôt que de le rejoindre en catimini. Ainsi, en se hâtant, il pivota subitement la tête.
 
- "Bouge".
 
La voix, encore cette voix claire et aiguë de demoiselle si inhabituelle, presque incongrue pour le gamin des rues, flotta jusqu’à lui, rasant au passage la surface de ses pensées négatives pour y tracer de fines ridules qui miroitèrent un instant avant de disparaître pour aller rejoindre toute la mémoire de souvenirs du contemplateur. Malgré la situation, sans s’empresser, il baissa les yeux pour faire face à cette étrange inconnue, et il se stoppa net. Ses yeux s’écarquillèrent, malgré l’ombre ondulant du géant sous le crépitement d’une chandelle.

Observant ce qui se trouvait maintenant devant lui, ce qui lui sauta en premier aux yeux fut ce pelage sombre, d’ébène, plus noire que la nuit, où des petites lignes dorés y étaient dessinés. Dans l’esprit de Nylam, il l’avait assimilé à quelque créature toute droite sortie d’un livre de contes ou de l’esprit d’un artiste aux goûts hétéroclites. L’étrange fumée bleue dessinant des ailes au dos de cette créature lui confirmait qu’il s’agissait d’un être magique. A première vue, il l’aurait associé à un félin, mais ses longues oreilles et sa queue toute aussi longue lui faisait plus penser à un renard. De plus, derrière cette apparence unique, cette créature dégageait une aura qu’il n’avait jamais ressenti auparavant, mais pourtant lui paraissant si familière. Comme si… elle avait été proche de lui depuis toute son existence.
 
- "Tu vas bouger !"
 
C’était bien elle. C’était la voix. Il était terrifié de voir un animal parlé mais si peu étonné. Comme si il savait depuis le début qu’elle savait parler. Cet ensemble, il l’engloba, ces deux yeux d’azur, si terne et si vif à la fois, ne prêtant pas attention aux paroles de la petite créature que l’attention qu’il portait en général aux paroles de n’importe qui d’autre, se souciant bien plus de ce qu’il pouvait voir que de ce qu’il pouvait écouter et répondre.
 
- "Il faut partir d’ici Nylam !",s’écria-t-elle.
 
A ce moment seulement se mit-il à prêter réellement attention à ce qu’elle pouvait bien lui avoir dit, et après avoir pris une seconde de réflexion. Il secoua sa tête et revint à lui. Elle le connaissait. Il n’avait pas le temps à s’attarder sur cela, l’être en face de lui était bien plus inquiétant. Le géant venait enfin de retirer sa massue du sol et afficha son visage masqué vers lui. C’était comme si on faisait face à une ombre, mais au final… c’était une personne. Oui, c’était cela. Il était comme les autres. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il prit cette petite renarde dans ses bras, se releva péniblement, et sans crier garder fit un  énorme saut vers le géant. Sa tête était à quelques centimètres du plafond, et il donnait l’impression de vouloir passer par-dessus son imposant nouvel adversaire. Ce dernier leva une main immense pour lui barrer la route, ne laissant qu’un léger passage entre lui et le plafond. Comme il l’avait prévu. D’un geste acrobatique, il se balança afin de se retrouver la tête en bas et ses pieds atteignant le plafond. Prenant appui sur la voute, il bondit devant le géant d’une vitesse fulgurante et dans sa descente, il laissa tomber un flacon de somnifère sur le visage de son ennemi et un fumigène. Le jeune O’Byrn fit une galipette entre les jambes de son assaillant et arriva derrière lui alors que la fumée se mit soudainement à envahir la pièce. Pendant que le flacon meurtrissait les yeux de l’étrange agresseur qui hurlait à la douleur, Nylam se laissa entrainer dans sa pure soif de l’argent  et prit le temps de récupérer le butin de la partie de poker qui s’était éparpillé.
 
- "Non, mais il se moque de moi !?" s’écria la créature.
 
Il ne put que lâcher un petit ricanement enfantin. Elle n’était pas la seule à être outrée, Allen l’avait vu et criait au voleur. Il se serait bien moqué davantage de tout ce monde, mais il n’avait pas le temps pour cela. On en voulait à sa vie. Après avoir soigneusement rangé tout l’argent récupéré dans une sacoche qu’il accrocha fermement, il se dirigea vers la fenêtre qu’il avait repérée quand il était arrivé et bondit à travers elle. Il se protégea le visage avec son bras qui ne tenait pas l’étrange petite créature pour ne pas se blesser. Les verres se propagèrent dans tous les sens, et le fracas avait sûrement alerté tout le monde, et certainement ce géant. Il se retrouva dans une petite plaine près du port et sa fuite débuta alors.
 
- Accroche-toi ! Ordonna-t-il à la créature en la posant sur son épaule.
 
Dans le silence de la nuit, il foula une herbe humide de rosée. Des branches le giflèrent au passage, laissant des traînées humides sur son visage. Il courut à perdre haleine rejoignant la ténébreuse cité de Ca-Elum. Évitant les citadins et les tonneaux qui jonchaient le sol, il slaloma les commerçants de nuit et les tapis de marchandises au sol. Près du fleuve qui rejoignait la mer, il courut sans un regard en arrière, l’attention rivée sur les irrégularités du terrain. En excellente forme il paraissait voler au-dessus des obstacles, évitant avec agilité d’un cabri les tonneaux et les passants. Il poursuivait ainsi les muscles puissants de ses jambes lui permettant de soutenir l’allure. Il regarda une fois en arrière, mais il était déjà loin du café Lone’s Eye.

Léger et rapide, il fonçait à travers les ruelles. Malgré la fatigue qui commençait à se faire sentir, Nylam ne ralentissait pas, stimulé par la peur. Devenus une cible pour des raisons inconnues, il était traqué par un ennemi qui n’aurait aucun scrupule de l’abattre. A travers les rues de la ville, le jeune garçon ne remarqua aucun bruit suspect, pas de mouvement furtif. Il avait la curieuse impression d’être dans une arène géante sous le regard lointain de ses poursuivants.
 
Il ne sait pas combien de temps il était resté ainsi à courir. La créature et lui ne s’étaient encore rien dit. Chacun d’eux savaient que leur traqueur n’était pas bien loin. Il le ressentait, à moins que son envie meurtrière était tellement intense qu’il pouvait le ressentir qu’importent où ils étaient.
 
Le temps s’écoula et le ciel s’éclaircit, car la nuit touchait à sa fin. Les étoiles une à une chassé par les étoiles. Le jeune homme continua de courir résolu à ne pas être surpris en terrain découvert par la lumière du soleil qui se lèverait d’ici quelques minutes. Hors d’haleine, le cœur battant à tout rompre, il s’effondra dans une ruelle derrière un tas de détritus, à l’ombre. Seule sa respiration haletante troublait le calme de la ville matinale. Puis la créature, qui avait été déposé au sol, se remit péniblement sur ses pattes et tourna son petit visage vers le café. Elle ne réagit pas. Apparemment, ils n’avaient pas été repérés. Mais ils n’étaient pas encore tirés d’affaire. Ils devaient toutefois se reposer. La créature se tourna vers lui, s’assit comme un petit chien bien dressé et ouvrit sa petite bouche et sa voix féminine et apaisante sortit de nouveau :
 
- "Il faut rejoindre ton bateau et partir."
 
Nylam resta un instant silencieux, sa respiration qui se calmait progressivement. Il se redressa quelque peu et analysa la créature. Elle semblait calme, de grands yeux ronds d’un azur profond, comme si l’univers s’y était caché. C’était impressionnant magnifique, mais…
 
- La ferme ! S’écria-t-il.
 
La petite créature pencha la tête sur le côté comme intriguée, mais il ne pouvait pas s’attarder sur ce côté adorable et s’emporta. Il en avait assez.
 
- Oh, ne joue pas l’innocente ! Poursuivit-il. C’est quoi ce bordel ? C’était qui ce type-là ? C’est quoi ? Un monstre ? Et t’es quoi toi ? Et, c’est quoi ce bordel !!?
 
Ses derniers finirent par un cri qu’il ne put retenir. Comme si cela l’aiderait à évacuer toutes ces sensations, toute cette peur, cette incompréhension. A dire vrai, il espérait plus de la part de ce cri que de la part de cette peluche parlante. Il n’en pouvait plus, son cœur n’arrêtait pas de battre. Il était toujours terrifié et la créature ne semblait pas s’être laissé intimider. Elle avait montré une sorte d’expression qui pourrait s’apparenter à de l’étonnement. Elle regarda à droite, puis à gauche et soupira longuement.
 
- "Allez croire que tu étais si sensible", soupira-t-elle de nouveau.
 
Elle eut une sorte d’haussement d’épaules aussi souple et mesuré que l’ondulation d’un tissu pour ponctuer sa réponse :
 
- "Je suis Eclari", poursuivit-elle plus sérieusement,"et je suis ce que vous être humain pourrait appeler… un fantôme."
 
Nylam écarquilla les yeux. Il ne savait pas ce qu’il l’effrayait le plus à présent. Fuir un monstre géant ou être peut être en face d’un. Son cœur se remit de battre rapidement et ses dents se desserrèrent pour lâcher un cri d’effroi, mais la créature le somma d’arrêter d’un simple regard perçant qui, étrangement, eut raison de lui.
 
- "On n’a pas le temps pour de la surprise, de l’effroi, ou autre expression humaine stupide."
 
Un noble de pure souche, de disait-il après avoir constaté un tel comportement. Il était vrai que derrière cette forme animale, cette créature dégageait tout d’un être humain, ou plutôt d’une être humaine. Oui, il n’y avait aucun doute que c’était une dame, pas une fille, une dame malgré sa voix un peu aigue et enfantine, elle avait toute l’étoffe d’une lady.
 
Le jeune O’Byrn finit par acquiescer d’un signe de tête et laissa Eclari poursuivre.
 
- "Nous n’avons pas beaucoup de temps, donc je ne rentre pas dans les détails. Ce monde est plus complexe que les humains n’ont laissé le croire. Je ne suis pas, à proprement parler, un fantôme, puisque, techniquement parlant, je n’ai pas été vivante. Je suis que la conscience d’un être qui a vécu et qui persiste à demeurer dans ce monde. Je dois t’avouer être à part, on ne vit pas aussi longtemps quand on est un être éthéré comme moi. Mais mon moi-vivant s’est assurée que je dure plus longtemps. Grâce à la magie.


Quoiqu’il en soit, je t’observe depuis un moment, je me sentais attiré par toi, et aujourd’hui j’ai compris pourquoi. Tu es un Morrigan. Gardien des Limbes, un mage de la Lost Magic : Limbo Balance. "
 
Elle avait marqué une pause scrutant mon visage, comme si elle s’attendait à une réaction de sa part, une réaction précise, mais la seule qu’il voulait exprimer c’était bel et bien le déni. Que racontait-elle ? C’est un fantôme mais ça n’en est pas un ? Une conscience ? Lui ? Un mage ? Il ouvrit la bouche pour protester mais elle le coupa tout aussitôt :
 
- "Chut ! Tais-toi ! ", ordonna-t-elle, "Reste concentré et silencieux. Nous ne devons pas nous faire découvrir. Je sais que c’est dur à accepter, mais il va falloir l’accepter. Tu es un mage. Tu n’as peut être jamais pratiqué de magie de ta vie, tu penses, mais tu sais que ce n’est pas vrai. Toute ta vie, n’as-tu pas fait inconsciemment des choses que d’autres ne peuvent pas faire ? "
 
Cette fois-ci, il eut la réaction à laquelle elle s’attendait. C’était comme si il voyait sa vie pour la toute première fois. Tellement de choses s’expliquaient. Son soi-disant instinct, ses sensations, il savait que ce n’était ordinaire, mais jamais il ne se serait douté à de la magie. Il n’avait jamais étudié un livre de magie de sa vie, mais pourtant le fait qu’il en pratique inconsciemment donnait plus de sens que d’être un être à part. Mais, tellement de questions restaient en suspens et c’était cette créature qui avait les réponses.
 
- "Je sais que tout cela doit être déroutant pour toi", dit-elle en voyant le regard pensif de Nylam, "mais tes prédécesseurs ont vécu la même chose que toi. Vois-tu un Morrigan est un être choisis par un précédent Morrigan qui a décédé, sa conscience s’infiltre dans son élu et il lui transmet son savoir entier, avant de s’éteindre. C’est pour cela que tu utilises la magie, on te l’enseigne… à l’intérieur de toi".
 
Elle bondit délicatement sur les genoux du jeune garçon et posa doucement sa patte avant droite sur le torse du jeune garçon pour imager ses propos, et elle partagea avec lui un regard compatissant. C’était un moment intense qu’il partageait. A ce moment, Nylam finit par vraiment  s’avouer qu’il pouvait lui faire confiance. Eclari n’était pas son ennemi, ni un danger pour lui. Elle retourna devant lui, de nouveau assise sur ses pattes arrière et poursuivit :
 
- "On a pas beaucoup de temps, donc je vais me presser. Ton espèce, si je puis dire, n’est pas vraiment apprécié. Vous êtes rare et unique, et tout ce qui est rare et unique est envié, convoité sans compter que tu disposes en toi un savoir très ancien.
 
C’est pour cela que tu es poursuivis, cet homme a certainement été attiré par ton pouvoir qui s’exprime de plus en plus, de jour en jour. Il t’a découvert et veut certainement te capturer.
Tu comprends maintenant ? Il faut absolument qu’on parte ! Rejoignons le bateau, et embarquons pour Fiore. Il n’y a plus une minute à perdre, avant qu’il ne nous rattrape ! "
 
Ses dernières paroles étaient soutenues, comme si elle voulait y indiquer le danger qui les poursuivait. Cela restait encore vague. Il manquait tellement de détails, tellement d’explications. Mais il était également vrai que le temps leur était compté. Nylam n’avait pas le temps et ne pouvait en retirer davantage. Le silence s’était installé et Eclari dévoilait un visage sérieux. Le jeune O’Byrn ne put s’empêcher de la trouver mignonne et n’arrivait pas à la prendre au sérieux. Mais surtout, il ne le voulait pas.
 
- Pas envie, répondit-il.
 
Eclari s’étrangla la gorge. Elle manqua de tomber par terre, tant elle fut surprise par sa réaction. Ses yeux semblaient presque même être sortis de ses orbites. Revenue sur ses pattes, elle était prête à sauter sur Nylam mais celui-ci l’arrêta d’un geste de la main et poursuivit :
 
- Tout cela n’a aucun sens. Je ne comprends rien. Même si, j’ignore pourquoi je te fais confiance. Mais tout cela me parait si pratique pour toi. Si préparé. Chut, coupa-t-il en voyant son interlocuteur intriguée et outrée à la fois. On ne me coupe pas, poursuit-il, je ne crois pas vraiment en le destin et tu m’expliqueras plus tard de comment tu m’as trouvé. Puisque, en effet, je te crois pour le reste, ça expliquerait, ça expliquerait pourquoi je suis si… différent. MAIS ! Mais…., dit-il en agitant son doigt vers elle, tu ne me donnes pas d’ordre.
 
Eclari cligna des yeux deux fois et…  ce silence pesant ne dura pas trop longtemps, suffisamment pour que la jeune créature constata vraiment à qui elle avait affaire.
 
- "QUOI !?", s’écria-t-elle,"Dans cette situation, là, maintenant, tu veux avoir un conflit sur qui commande ? Là, maintenant, alors qu’une personne est à nos trousses. Là, tout de suite ? Là, tu laisses ton égo parler ? Alors que nos vies sont en dang…"
 
- M’en fiche, coupa-t-il.
 
Eclari fit un pas en arrière, stupéfait par ce comportement froid, insouciant du danger. Avait-elle pris le bon choix de le suivre ? Mais elle ne resta pas longtemps surprise. Elle l’observa attentivement. Il avait un visage dépité, les yeux en forme de demi-lune, exprimant son indifférence totale. Elle esquissa un sourire et ricana un petit instant, un rire mauvais.
 
- "Assez…" Commença-t-elle. "Y en a assez !!! "
 
C’était la parole de trop pour elle. Elle bondit sur lui, sa mâchoire plongeant directement sur sa main, sans crier garde. Il n’eut pas le temps de réagir, il n’était pas effrayé par elle et surtout, il la considérait comme un "fantôme". Grossière erreur. A peine sa mâchoire se referma que la douleur lui parcourra le long de sa bras jusqu’à l’échine de son dos. Il était alors tout à fait naturel pour lui d’en hurler de douleur. Il rebondit sur ses deux jambes et agita sa main dans tous les sens mais elle ne lâcha pas pour autant.
 
- Lâche-moi sale bête ! Hurlait-il. Ahhh ! Tu te fous de moi ! T’es pas un fantôme ! T’es un monstre !
 
- "J’t’ai d’jà dit que j’suis pas un fantôme. Abruti !", répliqua-t-elle en mordant plus fort."Les créatures éthérés comme moi peuvent interagir avec les Morrigans, sale petit vaurien ! Et je suis pas un monstre !!!"
 
- Je te déteeeeeeeeeste !
 
- "Moi aussiiiiii ! "
 
Leur dispute frénétique et agitée s’arrêta brusquement, lorsque le mur opposant à celui auquel Nylam était adossé. Ils étaient dos à celui-ci et n’avait pas vu ce qui s’était passé, mais il s’en doutait d’une certaine manière. Il s’était arrêté de bouger, dans une posture assez comique. Eclari n’avait pas arrêté de mordre la main de Nylam pour autant, plus pour s’y tenir que pour lui faire du mal cette fois, et sûrement animée par la peur également.
 
Leurs deux visages se tournèrent légèrement derrière leur épaule, et ils le virent. Le colosse les avait poursuivis jusqu’ici. Son masque noir avait été déchiré, sûrement à cause de la fiole en verre pleine de somnifère que Nylam lui avait balancé au visage dans le bar. On pouvait y voir deux yeux d’un rouge vif et également meurtris. Cela n’arrangeait pas son côté effrayant. Ils se regardèrent avec des yeux confus et pleins de regrets, et d’une même voix ils se dirent :
 
- Pardon.
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MessageSujet: Re: Chapitre I - Le Géant [SOLO] Chapitre I - Le Géant [SOLO] EmptyDim 14 Juin 2015 - 21:07

C’était une gigantesque silhouette solitaire qui tourna à l'angle d'une petite maison alors que sa massue faisait tomber quelques briques de l’immeuble qu’il avait percuté. Il dévala lentement une petite série de marches, à un rythme soutenu mais qui n'était pas celui d'une course. Il s’avançait lentement vers le jeune garçon terrifié et Eclari qui venait de se positionner sur l’épaule de Nylam.
 
La traque n'avait pas l’air d’avoir été aisée, il lui avait fallu jusqu’à la matinée pour le retrouver. Son souffle rauque, et affaiblis se faisait entendre comme un ours qui chassait blessé. Nylam continuait à se demander comment cet homme avait pu le trouver, et à chercher le traquer. La plupart des bandits de bas étage ne savaient rien d'intéressant, ayant seulement entendu quelques rumeurs au sujet de lui, ce voleur aux instincts surnaturels. Mais il semblerait que ce soit plus complexe que cela. Cela venait de lui. C’était ce qu’expliquait Eclari, il était attiré par ce qu’il dégageait. Il ne pouvait donc pas fuir…
 
Voilà comment il en était arrivé là. Il lui était impossible de s’échapper sans y perdre un bras et malgré les chances d’attirer une patrouille de la garde, il savait qu’il finirait blessé. Il fit un pas et le message était clair : le combat était inévitable, et il fallait le régler aussi rapidement que possible. Le géant n'hésita plus un seul instant. Sa mission semblait claire et simple. Il ne ne comptait certainement pas faillir maintenant qu'il était arrivé si près de sa cible : Nylam. Il dégaina de nouveau donc sa massue aussi grande que lui, et l’abaissa sur lui. La seconde qui suivit, Nylam plongeait sur lui après avoir bondit pour prendre une position surélevée. Nylam avait réussi à grimper sur de vieilles caisses près de lui en un éclair.
 
Emporté par le poids de son adversaire, l’assaillant tituba en arrière, mais réussit à se dégager de l'étreinte de Nylam qui voulait se refermer sur son cou. Le jeune O’Byrn était déterminé. C’était ce géant ou lui. Tant pis pour ses valeurs. Après s’être fait rejeté en arrièr, il roula sur le sol, envoyant valser les caisses dans toute la rue principale où il se retrouva. Eclari fut projeté en arrière dans sa chute et hurla de douleur. Elle semblait donc pouvoir exprimer des sensations. C’était un être "vivant" et elle était en danger aussi.
 
Se relevant au même moment, le géant tenta de frapper du poing, mais sa cible avait anticipé l'attaque. Il plongea, et le percuta avec son épaule au niveau de la hanche. Il tituba de nouveau, laissa à Nylam l’occasion de s’échapper à nouveau. Il saisit dans ses deux bras Eclari, qui se tenait difficilement sur ses quatre pattes et il poursuivit sa course mais son espoir fut de courte durée.
 
C’était une erreur de part. Son ennemi était derrière lui, il ne pouvait donc pas voir si celui-ci s’était rétabli ou pas. C’était une erreur qui lui valut un coup de massue qui s’abattu sur son flanc droit, le propulsant dans l’édifice sur sa gauche. Son corps traversa le mur du bâtiment, comme s’il venait de plonger dans l’eau d’un lac, mais bien plus douloureuse. Nylam se retrouva recouvert de débris, entendant des personnes hurlées de terreur face à un tel spectacle. Ils criaient à l’aide et aux autorités, mais le jeune garçon avait compris. Cela ne servait à rien. Ce géant était… trop puissant. Il s’avançait, lentement vers lui, ses yeux rouges brillant vers lui. Il venait finir son travail et le jeune O’Byrn ne put que rester à le regarder, un regard vide. Perdu.
 
Eclari sortit de l’étreinte de Nylam qui l’avait tenu fermement afin de la protéger. Elle se positionna sur son ventre et montrait des signes d’essoufflement, de fatigue, mais cela ne semblait pas l’avoir fait faiblir. Elle semblait plus déterminée que jamais.
 
- "Je n’ai pas fait tout ce chemin pour en arriver là", commença-t-elle gravement, "J’ai beaucoup trop sacrifiée, trop perdue. J’ai tellement cherché. Je ne peux pas perdre, et il n’est pas question qu’il perd non plus. Oui, pas question qu’il lui arrive quoique ce soit. Oui. Je le protégerai. JE LE PROTEGERAI !"
 
Elle hurla ces dernières paroles avant de bondir vers le colosse. Celui-ci n’eut pas le temps de réagir et la petite créature plongea avec violence ses petites dents dans la main droite de l’assaillant. Bien que petite, il fallait avouer que ses morsures étaient extrêmement douloureuses. Nylam le savait et à présent, le géant aussi. Il lâcha la massue qu’il tenait et secoua sa main dans tous les sens pour la faire lâcher. Eclari tenait fermement, des perles de sang coulaient sur son pelage noir. Elle était en danger. Que pouvait-elle faire avec un corps si frêle ?
 
- Arrête, commença le jeune garçon dans un souffle désespéré, arrête
 
Il tenta de se relever, tremblant. Ses jambes ne lui répondaient plus, et il tomba à nouveau sur les graviers qui l’avaient enseveli. Eclari tenait toujours, et le jeune O’Byrn lui somma de s’arrêter. Elle devait s’arrêter. Elle allait être blessée. Personne ne devait être blessé pour lui. Personne. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi il ressentait cela. C’était un sentiment étrange et nostalgique, comme si c’était son devoir de protéger Eclari. Non, ce n’était pas qu’Eclari. C’était tout le monde. Il devait les aider. Il n’avait plus le droit de perdre. Il n’avait plus le droit de se laisser tomber. Déterminé à son tour, il se releva, comme Eclari venait de le faire, la tête baissé, et sombre. La jeune créature se démenait tout le temps, et il était.
 
- Humpf, fit-il en esquissant un sourire, tu me protégeras ? Qui t’a donné le droit de paraître cool comme ça avec moi alors qu’on ne se connait pas ? S’il y a bien quelqu’un qui doit paraitre cool ici… C’est bien moi !!
 
Comme si il venait de prédire ce qu’il allait advenir, il bondit à une vitesse incroyable, saisissant Eclari qui était sur le point de se faire écrabouiller par l’autre main du géant. Alors qu’il l’arrachait de la main du colosse, elle arracha de ses canines le gant qui recouvrait sa main, et un peu de sa chair. Celui-ci abattu son autre main sur son avant-bras droit et selon le bruit que Nylam venait d’entendre. Il fallait parier qu’il l’avait cassé son bras. Mais étrangement, cela n’étonna pas le jeune garçon.
Il ne le comprenait pas lui-même, mais il se sentait plus confiant, plus fort. Comme si son corps agissait de lui-même, comme si il avait fait cela toute sa vie. Le geste héroïque de Eclari avait réveillé quelque chose en lui. Etait-ce cette magie dont elle parlait ? Se laissant bercer par des gestes acrobatiques, il déposa délicatement la petite renarde sur le toit d’un immeuble. Il lui adressa un brève sourire confiant qui la fit sursauter, partagé entre la surprise et la joie. Il resta une seconde ainsi et plongea la tête la première vers le géant. Ce dernier était encore concentré sur la douleur qu’Eclari lui avait infligé, et celle qu’il s’était infligé.
 
Le bond du jeune O’Byrn se dirigeait exactement au niveau de sa tête, et tout en enchaina les saltos, il lui asséna un violent coup de pied sur la nuque. Cette fois-ci ce fut bien cri étouffé par la surprise et la douleur qui sortit de ce monstre, et se laissa tomber sur son postérieur. Nylam prit appui sur le géant et fit un bond en arrière avant d’atterrir sur ses deux jambes. Dans les yeux rouges vifs de son ennemi, il vit ses deux yeux jaunes ayant pris un éclat plus lumineux, familier et effrayant à la fois. Il avait compris. S’il voulait survivre. Il n’avait pas d’autres choix que de combattre cette menace.
Le deuxième round commence.
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MessageSujet: Re: Chapitre I - Le Géant [SOLO] Chapitre I - Le Géant [SOLO] EmptyDim 14 Juin 2015 - 21:08

Réduit à choisir entre deux maux, il opta pour le combat. Nylam, avec autant d'élégance que le lui permettait son corps, se jeta sur son adversaire, mains tendues pour lui passer une clé à la gorge. Son geste était parfaitement calculé, et il réussit à s'emparer de lui. Il sentit ses vêtements se déchirer sous tous ces mouvements Son bras passa autour du cou massif de l'homme, tandis que de l'autre main il verrouillait la clé, serrant de toutes ses forces. Le mercenaire, fort comme un bœuf, revint à lui et tendit ses mains derrière lui pour s'emparer du jeune garçon. Il sentit ses doigts crasseux griffer son dos, sa nuque, mais il était trop proche pour qu'il pût réellement l'attraper. Confiant dans sa supériorité, recula aussi vite que possible, avant de percuter brutalement une calèche se trouvant dans la rue principale, qui oscilla sous la charge. Nylam fut littéralement écrasé entre les deux, et il résista vaillamment trois assauts. Au quatrième, une crise légère le saisit, et sa prise se relâcha.
 
Le colosse, opportuniste, saisit son bras, se dégagea, et se retourna vivement pour lui adresser un coup de poing magistral en plein visage. Le voleur s'écrasa par terre avec un bruit mat. L'homme, laissant apparaître un sourire large derrière son masque, il ramassa sa massue, de sa main gauche, tombée au sol entre-temps et se tourna vers Eclari. D'un revers, il balaya l’immeuble sur lequel elle se trouvait, la forçant de rejoindre la rue principale. Il allait l'achever quand, pour la seconde fois, Nylam se jeta vers lui. Il lui adressa un redoutable coup de poing dans la nuque, et profita de la diversion pour enrouler ses bras autour de son torse. La prise de l'ours était une technique que l'on réservait en général aux personnes les plus grandes et les plus épaisses, car cela revenait à s'engager dans un duel de force. Nylam n'avait pas vraiment le profil type, et pourtant lorsque le géant essaya de se dégager, il se heurta à une résistance infranchissable. Le jeune garçon avait refermé ses mains au niveau de son plexus, et il tirait en arrière de toutes ses forces, lui comprimant les poumons au point de l'empêcher de respirer. Il essaya de le frapper, mais il était mieux préparé cette fois, et son arcade légèrement ouverte n'entamait en rien sa combativité. Il serra encore, et se pencha légèrement en arrière, soulevant littéralement son adversaire du sol. L’assaillant semblait ne pas en revenir, et alors que ses appuis quittaient le sol, il se retrouva suspendu, sans forces. Nylam continua à serrer, impitoyablement, jusqu'à ce que des craquements se fissent entendre. L'homme se débattit encore, puis son corps s'affaissa soudainement. Il ne bougeait plus. Enfin.
 
Son corps semblait inerte, il ne bougeait plus d’un pouce. Le jeune O’Byrn resta un long moment à l’observer, avant de soupirer de soulagement. Il retourna auprès d’Eclari
 
Il abandonna le corps du colosse, et s'approcha de la petite renarde d'un pas déterminé. Toutefois, ainsi échevelé, le visage ensanglanté mais laissant ressentir expression neutre et froide, il était devenu soudainement plus terrifiant que le plus immonde des adversaires. Il se dressa de toute sa hauteur face à Eclari, et soudain, un sourire réconfortant apparu sur son visage. C’était fini. La petite créature resta un long moment sonné, même pour elle, c’était quelque chose de trop tumultueux. Mais elle finit par rendre son sourire… Qui disparut tout aussitôt.
 
Ce fut l’élément déclencheur. Comme le calme avant la tempête. Nylam avait saisi, suivant son instinct et comptant sur ses réflexes devenus exceptionnels, il ne se laissa pas avoir de nouveau. Bien qu’il était dos au colosse, il bondit la tête première vers Eclari, la saisit de ses bras et se laissa rouler sur le sol avant de bondir en l’air. Alors que son saut l’avait propulsé au-dessus des immeubles, il jeta un regard sur le géant qui se releva dévoilant un visage ensanglanté, hurlant comme une bête enragée.
Il était de nouveau debout. Comme sa taille, cet être était inimaginable. Immortel. Un véritable monstre sortit du royaume des enfers, venu pour le terroriser à jamais. Il était un mal pur. Le colosse brandit sa massue en l’air et la fit tournoyer dans tous les sens, détruisant les bâtiments alentours. Comme si il exprimait sa colère à travers cette puérile destruction.
 
- Arrête ! Ordonna Nylam.
 
Mais sa voix ne pouvait atteindre un tel monstre. Rien ne le pouvait. Mais plus que des bâtiments, Nylam se souciait des civils aux alentours. Les débris volèrent dans tous les sens, s’écrasant dans d’autres domiciles alentours. Alertant toute la ville. Son instinct lui disait qu’il n’y avait pas le moindre mort pour le moment, mais beaucoup de blessés. C’était une chose rassurante, mais de courte durée. Alors que cette pensée venait tout juste de le réconforter, un petit garçon se mit face au colosse. Il n’avait même pas une dizaine d’année. Il était chétif, faible, ses jambes grelotaient sous la terreur, mais sa colère semblait l’animer plus que tout. Ses bras étaient recouverts de sang et ses poings fermés marquaient sa détermination.
 
- Arrête de faire du mal ! Cria-t-il. Arrête ! Arrête ! Arrête !! Arrête !!!
 
Il finit cette parole, fonçant sur le géant, les yeux fermés. La folie avait pris le dessus sur pauvre petit enfant. Le jeune O’Byrn eut un hoquet. C’était la seule réaction qu’il avait réussi à exprimer face à ce spectacle. C’était fini. Cet enfant allait mourir s’il ne faisait rien. Il tendit son bras vers lui, malgré la distance, comme s’il pensait cela suffisant pour l’arrêter.  Il allait mourir. Mourir…
Ces mots résonnèrent en lui. La mort. C’était tellement effrayant, mais à la fois reposant. C’était quelque chose de simple, pure… et équilibrée. Comme la nature. La mort est la nature.
Le temps semblait tout à coup se figer, et sortit de nulle part. Une silhouette apparut derrière le colosse. C’était une personne encapuchonnée, un sourire sur les lèvres. Pas un sourire mauvais et machiavélique, c’était un sourire encourageant. Le sourire qu’il attendait depuis toujours. Ses yeux s’écarquillèrent à la vue des mèches blondes qui se laissèrent tomber sur son visage, et il jura avoir vu deux iris bleus le regarder à travers cette capuche. Son sourire se dessina davantage et une voix pure comme le tout premier souffle de vie en sortit :
 
- "Tu as bien compris. Il est temps. Gardien. "
 
Des images déferlèrent subitement devant ses yeux. C’était beaucoup trop rapide. C’était des batailles, des incantations, des symboles, des chants, des sentiments… Bien qu’il ne connaisse pas cette personne, il avait saisi. Sans vraiment le comprendre, il savait. Il était temps. Sa bouche s’ouvrit lentement, et d’une voix étouffée et déterminée, ces mots qui allaient changés sa vie se prononcèrent :
 
- Lost.. Magic… Limbo Balance.
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MessageSujet: Re: Chapitre I - Le Géant [SOLO] Chapitre I - Le Géant [SOLO] EmptyDim 14 Juin 2015 - 21:10

Pure comme l'argent, froid comme la glace, les yeux de Nylam de levèrent en reflétant la pâle lueur des étoiles et de la Lune bien que ceux-ci n’étaient pas visible. Sa main se leva et comme un liquide froid qui sortit de son corps des symboles vinrent se dessiner devant lui, un cercle s’y forma et subitement se propulsa devant le petit garçon qui se précipitait vers le géant. En une fraction de seconde, une sorte de cercle ressemblant à la surface de l’eau apparu devant l’enfant qui entra à l’intérieur et apparut subitement derrière le jeune O’Byrn où un autre cercle avec une surface d’eau était apparu. Il fut un moment avant que le garçon comprenne ce qu’il venait d’arriver, comme toutes les personnes présentes. Même Nylam ne comprenait pas, mais il se fia à son instinct.
 
- Que… qu’est-ce…balbutia le petit garçon.
 
- Va-t-en, coupa le jeune O’Byrn, ne t’inquiètes pas. Il n’y aura plus de blessé, poursuivit-il en tournant son visage sérieux devant lui, parce que je suis un mage. Acheva-t-il d’un sourire.
 
Un silence s’installa puis le garçon s’exécuta après avoir fait une petite courbette en signe de remerciement. Aussitôt, Nylam décrivit une courbe harmonieuse, et dans un bruissement de cape, il obliqua brusquement, prenant la direction de la gorge tendue du colosse. Eclari le regarda faire avec une forme de fascination intrigante. Il avait l'impression que le temps passait au ralenti, et il pouvait presque sentir l'adrénaline gorger ses muscles, son cœur se mettre à battre plus vite et plus fort dans sa poitrine. Il se sentait incroyablement vivant. Plus que jamais. Il avait voulu protéger cet enfant, parce qu'il avait identifié l'individu inconnu comme une menace et l’enfant en danger, mais désormais ce n'était plus une menace à qui il faisait face : c'était un défi personnel. Ce défi pour évaluer l’étendue de son potentiel qui s’éveillait. Ses yeux s'agrandirent alors que son regard devenait fou, mais son visage ne trahissait aucune autre expression, comme s'il était absent de son propre corps. Dans sa tête, les pensées parasites avaient disparu, laissant place à une seule volonté, un seul désir, un seul objectif : l’anéantir.
 
Le guerrier qui sommeillait en lui, et qu’il avait la sensation d’avoir museler toute sa vie, se réveilla soudainement. D'un revers rageur, il repoussa la massue de son adversaire du simple dos de sa main, et marcha sur lui tel un titan déchaîné. Ses pas lourds résonnaient dans la rue, ses bottes crissaient sur les dalles brisées, et inlassablement il progressait. Il avait désormais complètement oublié Eclari, et ses yeux qui ne cillaient pas étaient braqués sur le colosse, qui revenait à la charge. Ce dernier semblait accorder autant d'importance à ce combat, et ses yeux fixaient ardemment derrière Nylam. Mais c’était comme si il ne le voyait pas vraiment, mais plus ce qu’il représentait. A cela, il poussa son adversaire, fit monter la pression, en attaquant de manière brutale et précise. Le colosse bloquait, et se déplaçait latéralement, tandis qu’il suivait son mouvement, tournant autour de lui pour toujours le garder en ligne de mire. Il soignait sa garde, comme il n'avait pas d’arme ou de protection, et il assénait des coups sourds sur le corps lourd de son ennemi, qui reculait péniblement. Les blessures de Nylam semblaient n'avoir aucune incidence sur ses capacités, et il attaquait avec la fureur d'un démon. Il était agité de tremblements nerveux, et il évacuait le trop plein d'énergie dans la violence de la bataille.
 
L'entièreté de son univers était concentrée autour du colosse, qui tenta une contre-attaque. Il ne voyait que lui, que sa massue tentant de filer vers son torse. Il était obnubilé par elle, accaparé par sa trajectoire, hanté par la perfection du geste qu'il voulait réaliser. Il n'avait même pas pensé à bouger que déjà son corps avait réagi, et au moment où il envisageait une riposte, de nouveau un cercle de magie apparut faisant traverser la massue à travers la faisait réapparaitre directement dans le torse du géant.
- Limbo balance, Iompar. Dit alors Nylam, comme si cela expliquait le miracle qui venait de se produire.
 
Le tintement sonore de l'acier sur corps du géant se faisait entendre. L’esprit du jeune O’Byrn conscient était passé au second plan, et il réalisait les choses avec un temps de retard. Au premier plan, c'était son inconscient qui occupait l'espace. Sa mémoire corporelle, les réflexes acquis dans un autre monde, ailleurs que lui… Du moins, il en était le convaincu. Tout cela prenait le dessus sur la logique, la raison et l'intellect. C'était la raison pour laquelle ses yeux étaient vides, inexpressifs, comme morts. Oui, il agissait comme un mort parmi les vivants. Etait-ce cela que voulait dire Eclari quand elle avait parlé de fantôme créé par les hommes ? Quand on le voyait ainsi, on ne pouvait pas en douter... Il tuerait ou mourrait, il en était ainsi.
 
A côté de lui, il y eut un cri soudain qu'il ne considéra pas tout de suite. Ce n'était pas une menace, et même si c'en était une, il était persuadé de pouvoir la gérer sans la moindre difficulté. Pour l'heure, il devait remporter ce duel, détruire son adversaire, l'anéantir. Il capta un mouvement sur sa droite, et focalisa une partie de son attention dessus. Il était tellement obsédé par son combat qu'il ne s'intéressa qu'à une seule chose : est-ce que la créature qui avançait vers eux avait une arme ? Dès lors qu'il obtînt confirmation que ce n'était pas le cas, il reporta toute son attention sur son ennemi qui de son côté paraissait considérer plus longuement cette distraction inattendue. Saisissant là une opportunité, Nylam fondit sur sa proie, et abattit son poing devant lui où s’ouvrit de nouveau un portail qui transporta son poing directement à son visage. Il enchaina en donnant un coup de pied devant lui qui fut transporté par un portail, frappant le flanc gauche de son ennemi. Il recommença ce stratagème d’attaques téléportés pendant une vingtaine de seconde avant de finir avec un uppercut dans son menton. Le colosse tituba en arrière, surprise par une nouvelle attaque magique. Il était sonné et c’était de nouveau là une opportunité. Le jeune O’Byrn fit apparaitre un portail devant lui, puis un autre, puis un autre, ainsi jusqu’à avoir une centaine de portails parfaitement alignés, entre lui et le colosse. Le géant ne réalisa que trop tard ce qui se passait et ne put voir que le sourire triomphant de Nylam se dessiner sur ses lèvres.
 
- C’est la fin, dit-il, Limbo Balance : Iorù.
 
Soudain, d’une vitesse incroyable, Nylam traversa le premier portail, son poing armé prêt à frapper. Sa traversée entre le premier et le dernier portail se trouvant devant le géant se fit sentir. Dégageant une sorte d’éclair transparent, ayant provoqué une onde de choc impressionnante. Ainsi, en une fraction de seconde, Nylam se retrouva devant le colosse, son poing serré arriva comme un véritable éclair au niveau de son épaule, déboitant l'omoplate, ayant même déchiré de la chair sous le choc, jusqu'à briser la cage thoracique, traversant ses poumons, avant de ressortir dans un bruit flasque. Il ressentit la résistance vaine de la peau et des muscles sous son poing brûlant. Il voyait le sang d'un rouge sombre jaillir devant lui comme une fontaine, et se répandre sur le sol en larges tâches inégales. Il captait la lueur de stupéfaction dans les yeux de son opposant, qui se mêlait peu à peu d'une douleur indicible, qui lui nouait la gorge et le tétanisait. Et puis il voyait la compréhension passer fugitivement dans ses yeux, alors qu'il se rendait compte que sa fin était arrivée. Il admettait alors son infériorité, et partait rejoindre ses ancêtres en rapportant le nom de celui qui l'avait expédié parmi les défunts, lui assurant une gloire éternelle.
 
Il avait l’impression d’avoir vécu cette scène cent fois, mille fois, dix mille fois ! Il savait à quoi elle ressemblerait, il savait comment les choses allaient se passer. Il n’arrivait juste pas à associer ce qu’il faisait à ce qu’il était. Le bras de Nylam trancha l'air à une vitesse faramineuse, en produisant un bruit morbide dans l'air, alors qu’il passait à quelques centimètres du corps du géant, qui avait eu le temps de se décaler. Il resta ainsi les bras ballants, revenant à lui, redevenant une cible facile. Il poussa un cri de guerre mélangé à de l’horreur, à de la haine envers lui-même, à du soulagement.
 
Il brandit bien haut son bras, prêt à l'abattre de toutes ses forces sur le crâne de celui qui avait osé perdre l’importance de la vie humaine, du misérable qui avait causé autant de malheur, du mécréant qui avait eu le cran de le provoquer en duel. Ses yeux pleins de colère ne laissaient aucune place au doute : oui, oui il allait frapper, et anéantir tout ce qui se trouvait devant lui, indifféremment : homme, armure, vie...
 
Un cri soudain fit revenir Nylam à la réalité, et il interrompit son geste alors que son poing se trouvait à moins de cinq centimètres de la gorge du colosse. Des fluides magiques prêts à accroitre son attaque. Il tremblait perceptiblement, comme si son bras-même était animé d'une vie propre, comme un serpent qui aurait eu une envie irrépressible de mordre mais qui n'en aurait pas été capable. Le visage du mage se figea un instant, tandis que ses yeux perdus d’émotions se posaient sur Eclari, les sourcils froncés. Et puis, comme s'ils retrouvaient peu à peu des couleurs, et qu'une âme émergeait de dessous un tapis d'ombres, ils retrouvèrent conscience du monde dans son ensemble. Le jeune O’Byrn serra fermement les mâchoires, et gronda :
 
- Eclari !
 
Ca avait été sa première réaction : la colère. Il ne savait même pas après quoi il était en colère, d'ailleurs. Etait-ce parce que la jeune créature qu'il était censé protéger - même s'il avait légèrement oublié sa présence, emporté dans l'euphorie du duel -, venait de se jeter dans la gueule du loup, et était désormais face à lui, protégeant son ennemi, un poing pleine de magie menaçante sous le menton ? Etait-ce parce qu'il enrageait de ne pas avoir pu porter le coup fatal comme il l'entendait, comme il le prévoyait, comme il le désirait ? Assurément, ces deux sentiments tumultueux bouillonnaient en lui, et il ne pouvait pas se défaire de la rage qu'il éprouvait en cet instant. Il s'en attribua une part, pestant après sa propre incompétence, et son incapacité à venir à bout rapidement de cet adversaire. Il fustigea la lâcheté de cet homme, qui n’avait aucune honte d’avoir quelqu'un d'autre pour se protéger, dès lors qu'il avait compris qu'il était dominé, dominé par cette petite créature. Il en voulait à la terre entière, et n'avait pour seule alliée que ses instincts, cette fidèle lame spirituelle qui paraissait assoiffée, déterminée à boire le sang de quelqu'un ce soir : un perturbateur de l’équilibre.
 
Combien de secondes ou de minutes passèrent ainsi ? Combien de temps restèrent-ils plantés là, dans le froid matinale, face à face, immobiles, en attendant que l'autre réagit. Nilam, malgré la douleur dans son bras, avait refusé de baisser le poing, qui tremblait de plus en plus désormais. Il serrait les dents pour endiguer la douleur, et attendait la fameuse ouverture qui viendrait bien à un moment donné. L’autorisation de mettre un terme à cette douleur qu’avait infligé ce monstre. Il devait être prêt. Mais avant que le sort eût décidé lequel des deux allait craquer en premier, des bruits de pas se firent entendre. Ils tendirent l'oreille, mais ne bougèrent pas. Ils savaient qu'ils ne le pouvaient pas, sans quoi il pourrait manquer sa chance de sa vengeance et elle ne pourrait l’empêcher de causer l’irréparable. Le jeune O’Byrn ne bougea pas d'un centimètre, et Eclari non plus. Et pourtant, la situation venait de changer radicalement.
 
- Qui va là ? Les mains sur la tête ! Les mains sur la tête, j'ai dit !
 
Une patrouille de la garde. Il ne manquait plus que ça. Douze hommes venaient de surgir, et de se déployer en arc de cercle derrière Nylam. C’était un vrai désastre autour d’eux, et peut-être ne voyaient-ils pas bien ce qu'il se passait. Peut-être ne voyaient-ils pas que ce géant était la cause de tout ça. Leur esprit n'avait pas besoin de faire beaucoup plus de chemin pour arriver à une conclusion qu'ils estimaient valable.
 
Les soldats hésitèrent, et se tournèrent vers leur capitaine. Celui-ci, qui gardait l'œil braqué sur Nylam. Soudain, une ouverture ! Le jeune O’Byrn se jeta en avant sans attendre, prêt à porter le coup décisif. Il avait à peine noté la présence des douze sentinelles, et avait escompté que leur présence lui fournirait l'opportunité tant attendue. Pour une fois, ils avaient fait du bon travail. Mais au moment où il allait frapper, une forêt de lames se dressa devant lui, et son poing fit face aux épées des guerriers, qui n'en menaient pas large de devoir l'affronter. Il jura intérieurement, et faillit se jeter à l'attaque des hommes qui lui barraient la route, mais ils se saisirent de lui fermement, et le ramenèrent à la réalité. Non pas qu'il aurait été incapable de les neutraliser s'il l'avait voulu - même si douze guerriers auraient facilement pu lui porter au moins un coup fatal -, mais il savait que son objectif était tout autre. Il devait partir, il le sait. Eclari lui faisait comprendre du regard. Un regard triste. Si triste et déçu par ce qu’elle voyait en lui. Que tout à coup, il revint à lui.
 
- Attendez, ce n'est pas...
 
- La ferme ! Répliqua un des gardes en lui adressant un coup de poing en pleine joue.
 
Un goût de sang envahit la bouche du jeune garçon, alors que sa tête était rejetée en arrière sous la force de l'impact. Il cligna des yeux, et endigua la douleur derrière les barrières de sa volonté redoutable :
 
- C'est lui qui...
 
- Tu vas la fermer, sale chien !? Lança un autre en le frappant derrière la tête avec le pommeau de son épée.
 
Nylam tomba à genoux, et s'il était totalement désorienté, sonné, avec des étoiles devant les yeux, il avait encore en ligne de mire son adversaire allongé, dont il capta le sourire. Alors, incapable de rien dire, il tenta de le charger, même s'il devait pour ce faire passer au travers d'une muraille humaine. Les gardes se saisirent de lui, et le repoussèrent au milieu d'un cercle qu'ils avaient formé. Certains avaient des bâtons, utilisés en général pour mater des hommes sans les tuer. Ils les dégainèrent, et commencèrent à frapper le guerrier à terre, sans merci :
 
- Tiens ! Prends ça sale vaurien ! Criait l'un. Ça c'est pour notre ville ! Lançait l'autre. Espèce de barbare ! Renchérissait un troisième. Les gens comme toi mériteraient la mort ! Crachait un quatrième. Regardez comme il se tort, on dirait vraiment un chien ! Chantait un cinquième.
 
Nylam, qui tentait tant bien que mal de se protéger des coups, vit du coin de l'œil son adversaire disparaître progressivement dans le sol, comme avaler par une mer noir avant de disparaitre complétement. Nylam ferma les yeux, espérant qu'un de ces hommes finirait par voir ce qu’il venait de se passer... Ce qui arriva.
 
- Il a disparu ! S’écria l’un des soldats.
 
Les coups s’arrêtèrent et ils se mirent à observer l’endroit même où se trouvait le colosse. Ils étaient tous abasourdis et murmuraient entre eux. Le jeune garçon entendit des paroles comme "c’est un maléfice", ou "on a peut-être fait une erreur", ou encore "Qu’allons-nous expliquer au quartier général ? ".
 
Entre temps, Eclari venait de se glisser à travers les soldats, postant sa frimousse devant le jeune O’Byrn. Elle frotta son visage au sien, et Nylam jura voir des larmes couler le long de son pelage. Que pouvait-elle bien être ? Un fantôme qui pleure ? Il aura tout vu. Mais surtout un être qui pleure pour une personne qu’elle vient de rencontrer. Ça, c’était le plus étonnant.
 
- "Tu peux le faire…", dit-elle d’une petite voix, "Une dernière fois, tu peux le faire… Je crois en toi. Il faut y aller"
 
Nylam la dévisagea de haut en bas. Il comprenait ce qu’elle disait, mais au fur et à mesure, cette créature devenait une énigme pour lui. Pourtant, il semblait la connaître depuis toujours, alors qu’il ne la connaissait que depuis quelques heures. C’était étrange. Le destin, sûrement.
Elle se nicha dans les bras du garçon, et subitement elle prit une lueur bleue. C’était agréable. Comme si, ça le rassurait. Qu’il pouvait le faire.
 
- Limbo Balance… Iompar…
 
Et en une fraction de seconde, Nylam et Eclari glissèrent dans un portail se trouvant en-dessous d’eux qui les transporta loin… Loin, de toute cette folie…


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