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Pour en revenir à demain [Akira & Jude]

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Jude Sakkaku

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Localisation : Là où ils ne me forceront pas à être, je suppose.

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MessageSujet: Pour en revenir à demain [Akira & Jude] Jeu 26 Nov 2015 - 22:52




Pour revenir à demain     

Akira feat Jude



Mission terminée. Encore une, avec un type inconnu, dont il ne se souviendrait plus du nom dans une semaine, un type qui rentrait dans sa vie aussi vite qu’il en sortait, comme tous les autres, comme d’habitude, un partenaire qui était là seulement pour le coup de main, parce qu’il avait besoin d’un binôme pour se battre quand ses runes n’étaient pas suffisantes pour une mission un peu plus intéressante. Ce type de quêtes se faisait rare. Tout était terriblement ennuyeux. La vie de Jude était morne.
Il ne cherchait pas à se lier avec les gens, à voyager, ni à se faire des souvenirs. Il n’avait plus de but comme avant, comme quand il était gosse, quand il cherchait toujours à aller de l’avant, à devenir plus fort. Maintenant il s’enfichait. Ni but, ni peur, ni d’émotions, sa vie était linéaire, fade, terne, insignifiante. Il cherchait à peine à gagner son fric et à survivre un minimum, mais de toute façon, pour qui vivre ?
Il aurait pu être de ceux qui parcourent le monde. Voyager, durant des années, seul ou avec des gens, se faire attendre, penser à celle qu’il aime durant les trajets, devant le soleil couchant des horizons lointains embaumés de parfums inconnus, se rappeler le calme de son foyer, de son chez-soi. Il n’avait personne à qui raconter ses périples, personne ne l’attendrais dans son foyer utopique.
Il aurait pu être de ceux qui convoitent le pouvoir. Qui s’engagent dans leur guilde pour se battre, pour réaliser des missions et progresser. Qui veulent devenir toujours plus forts. Mais eux aussi ont un but, la fierté devant leurs camarades, protéger ceux qu’ils aiment ou être célèbre. Rien de tout ça n’intéressait Jude. Rien de tout ça. Pourquoi vivait-il encore ?
Isalia ne l’aimait clairement pas de la façon dont lui l’avait convoitée, il n’avait plus d’amis sur qui compter, pas de famille, rien qui ne vaille la peine d’être vécu.
Enfin bref.
Ça n’avait pas d’importance. Savoir pourquoi il était en vie, ou pas, savoir pourquoi il restait, toutes ces bêtises dans la même lignée introspection-réflexion-condition humaine-et-caetera ; il était temps d’arrêter de penser car ça ne l’avançait pas beaucoup.

Pour le moment, il avait un objectif. Il avait déjà récupéré le fric de la mission achevé chez le commanditaire, et devait apporter la moitié à ce mec dont le nom ne lui revenait pas malgré deux jours sans interruptions passés ensemble, à être blessés ensemble en parallèle dans la bataille contre un énième monstre stupide et à chercher comme des forcenés le trésor faisant la notoriété d’un village gardé par sa bête protectrice. Un truc dans le genre. Jude faisait ça histoire de remplir sa journée et se divertir. Ils l’avaient eu, c’est tout, n’avaient pas cherché à se connaître durant la mission, quelques mots, salut, va à gauche, moi je l’attaque de front, dépêche-toi, cours ! Des trucs sans intérêt. Un mec sans intérêt, une mission vite remballée, quelqu’un qui ne serait jamais pour lui ni ennemi ni allié, il s’en fichait. Il ne comprenait même pas comment son binôme éphémère en question lui avait fait confiance, comment cela se faisait-il qu’il l’ait laissé aller chercher la récompense tout seul, il aurait aussi bien pu se barrer avec et ne jamais revenir. Mais heureusement pour lui, ce n’était pas le genre de Jude. Il ne ramenait pas l’argent par honnêteté, par sympathie pour ce mec (un nom en –bal, Idibal, Sadibal ou un truc dans le genre, peut-être même pas en bal en fait) ni même par principe, car il faisait comme convenu, mais tout simplement parce qu'il ne savait pas en quoi en faire. Ça avait rapporté gros, et Jude n’avait pas besoin d’autant d’argent. Il s’en foutait, tant qu’il pouvait assurer, même vaguement, son toit pour une nuit et ses repas de la journée, c’était bon, et ça ne lui coûtait pas très cher. S’il avait besoin d’autre chose, il pouvait toujours voler, ce n’était pas le problème.

Tandis qu’il prenait le chemin de l’auberge de Dark Dragon, il se demandait ce qu’il lui était arrivé depuis tout ce temps, depuis deux ans, sur le pont à la fête des lumières. Depuis cette jolie nuit, à contempler l’obscurité, la progression des astres dans le ciel, de leur sublime évolution à leur lent déclin. Regarder au-dessus du fleuve le reflet du ciel dans l’onde qui charrie les lanternes dorées tombées dans les flots, admirer l’éternelle bataille entre la lumière et les ténèbres, le crépuscule et l’aube encadrant les ténèbres ... Voir la dernière lumière pressée contre son corps puis s’éloigner, la petite flamme d’espoir lui parler avant de s’envoler, dégoûtée par lui, par ce qu’il commençait à devenir.

Qu’est-ce que j’ai fait ?
Voler est devenu naturel pour moi. Je ne me souviens plus de la signification exacte des termes « honnêteté » « sympathie ». Les autres mots, je les ai oubliés.

Il tourna dans une énième ruelle, ses pieds le menant mécaniquement vers sa destination à travers Akurio, entre les pavés crasseux et les murs gris.
Oh ! Oh qu'est-ce que tu fais? Arrête!

Il respira une bouffée d’air de la nuit. Tout était silencieux autour de lui. Personne à cette heure-ci. La route avait été longue. Il louerait une chambre à l’auberge de la guilde, qu’il exécrait, exceptionnellement, et partirait au petit matin. Restait à décider où.

« Trouve le bonheur, Jude »
Ces mots traînaient encore dans son esprit, sur les bouts des lèvres d’Isalia, à demi-effacés. Il secoua la tête. Elle aurait eu honte de lui, voleur, tueur, adepte de magie noire. Incapable d’avancer, de croire à la vie, au bonheur.

Qu'est-ce qu'il te prend de faire des trucs pareils?
Il ne l’avait pas revue depuis tout ce temps, et elle lui manquait un peu. Il l’aimait toujours. Enfin sûrement. Enfin peut-être. Enfin... Qu’est-ce que c’était « aimer » après tout ? L’avait-il réellement aimée une seule fois ? Il ne savait même pas s’il avait le droit de l’aimer, le droit d’aimer...
Pourquoi tu te fais du mal comme ça?
Sans s'en être rendu compte, il était déjà devant la grille de l'auberge de la guilde
Qu'est-ce qui ne va pas?

Il pénétra dans le bâtiment croupi. Dehors, il faisait un peu frais, mais à l'intérieur, c'était agréable. Il chercha l'interrupteur des lacrymas de l'entrée à tâtons. Une rumeur lui parvenait de plus loin, dans les entrailles de l'annexe de la guilde. La pierre granuleuse était froide sous ses doigts, c'était désagréable et humide, les murs étaient poussiéreux et sales, personne ne pensait à entretenir depuis longtemps.
La lumière s'alluma d'un coup, et Jude qui marchait dans la nuit eut un peu de mal à s'accoutumer. Il commença par plisser les yeux, la main en visière, cherchant à fuir le vif éclat des lampes. Puis il se dressa, et poursuivit son chemin dans le couloir, jusqu'à l'escalier en bois pourri sans s'arrêter au restaurant, dont les bruits lui parvenaient depuis la porte entrebâillée. Il n'avait pas besoin de prendre un verre ou un plat sans goût avec les ivrognes qui subsistant encore à cette heure-ci. Il n'y avait pas de gardien au comptoir, il redescendrait après prendre une chambre. Il hésitait à rester, il exécrait les lieux encore plus maintenant qu'il était à l'intérieur, et s'y sentait mal à l'aise.
Il gravit les marches, unes à unes, et le bois grinçait sous ses grosses chaussures boueuses. Il ne se souvenait plus exactement de l'emplacement de la chambre de son partenaire de guilde, mais d'après la description lapidaire qu'il lui avait faite la veille, il pourrait s'y retrouver. Deuxième étage peut-être, au bout d'un couloir. Il entra sans frapper dans la chambre au numéro vingt et un, désireux d'en finir le plus vite possible, ses mains prêtes à balancer le sac de pièces accompagné d'une réplique laconique avant de s'en aller comme un voleur - qu'il n'avait pas été -.
Mais ce n'était pas le garçon qui avait accompagné Jude les derniers jours en mission. Jude était peu physionomiste, mais pas à ce point : il savait encore distinguer une femme d'un homme, et c'était une jeune femme qui occupait la chambre au moment où il en poussait la porte.
Il resta là, planté quelques secondes sur le pas de la porte. N'importe quel être équilibré aurait certainement pensé en priorité à sortir en s'excusant précipitamment, mais Jude ne parvint pas à se résoudre de partir comme ça. Il observa la fille sur le lit, un peu troublé, et ne parvint qu'à articuler quelques mots confus tandis que sa vue se brouillait. Sa main tremblait sur la poignée de la porte.

— Ah… Je croyais… Pas le bon endroit mais …

Il y avait un trou béant dans sa poitrine, un truc qui le dévorait de l'intérieur et qui changeait encore une fois toute sa perception humaine. Et ça faisait presque … du bien.


chebhckj:
 
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Akira Greyster

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MessageSujet: Re: Pour en revenir à demain [Akira & Jude] Mar 15 Déc 2015 - 16:09




Pour en revenir à demain




Pourquoi...

C'est l'un de ces jours où tu te sens faible. Fatiguée, exténuée. Un de ces jours où il devient difficile pour toi de maintenir tes barrière mentales en place. C'est l'un de ces jours où tu ne peux pas empêcher ton passé de tourner en boucle dans ta tête, te faisant revivre toutes ces scènes horribles chaque fois que tu as le malheur de t'assoupir. Alors, tu te réveilles à chaque fois, fébrile, en sueur, la peur brille dans tes yeux de glace et tu trembles, presque à la limite de laisser couler tes larmes. C'est l'un de ces jours où tu te renfermes plus encore sur toi, parce que tu ne supportes pas la vue des gens, ces gens heureux, vivants, colorés. Ces jours où tu veux rester plus seule que jamais parce que les cris et les voix font écho dans ta tête. Quand tu t'es levée ce matin, tu as tout de suite su que ce n'était pas ton jour. Tu as malgré tout fait l'effort de te rendre à la guilde et quitter cette chambre qui menaçait de t'étouffer si tu y restais plus longtemps. Seulement, l'ambiance de la guilde te répugnait, et pour quelqu'un qui était censé pouvour supporter le plus sombre de cette guilde, tu as été prise de haut-le-coeur peu après t'être commandé ton verre d'eau. Tu as tendence à refroidir tes alentours en temps normal, mais aujourd'hui...

Gris... Trop de gris, trop de bruit...

Tu n'es pas restée longtemps à la guilde. Le peu d'activité te faisait tourner la tête. Du calme. Juste du calme. Depuis combien de temps tu n'as pas réellement dormi ? Comment les humains appellent ça ? Oh. La fatigue. Tu es fatiguée. Tu quittes la guilde et tes pas te mènent jusqu'à ta chambre à Dragon Sky. Enfin... Ta chambre... Tu n'aimes pas y être. Mais pour les jours comme celui-ci, c'est on ne peut plus utile. Tu déverrouilles la porte et entre silencieusement dans la pièce, comme une ombre glisse sur le sol. Tu te laisses tomber sur le matelas de ton lit et tu lâches un profond soupir. Il n'y a aucune chance que tu parviennes à dormir assez longtemps et assee profondément pour ressentir un quelconque repose. Tu te redresses et te diriges vers ton placard, un placard cadenassé dans lequel tu conserves tes biens les plus précieux. Tu sors le petit coffre en bois qui contiennent tant de choses de l'armoire vide et tu l'ouvres une fois assise sur ton lit pour en observer le contenu. Tu soulèves les précieuses feuilles reliées du semblant de journal de ta mère pour retrouver un bout de papier que tu affectionnes particulièrement. Un simple bout de papier sur lequel Damon et toi avez gribouillé il y a des années. Tu n'aimes pas l'idée qu'ils lui aient enlevé le peu de chose de valeur qu'il lui restait. Après ton évasion, tu n'as plus entendu parler de Moon Destruction. Quelqu'un avait abbatu tout le groupuscule. Tu aurais tant aimé être avec cette personne. Les annihiler un à un. Mais tu n'étais pas là. Tu ranges ton bout de papier, attrapes un livre et t'allonges sur ton lit.

Je ne comprends pas...

Tu ouvres le livre et feuillettes les pages. Mais tu as beau faire, tu n'arrives pas à y trouver le moindre intérêt. Les lignes défilent devant tes yeux, mais les mots que tu lis n'ont aucun sens. Ou du moins, tu n'en saisis absolument las la signification. Amour, bonheur, joie ? Tu ne sais pas ce que c'est alors comment pourrais-tu le comprendre ? Quelqu'un finit par mettre fin à ce supplice que tu t'es infligée seule. Par chance peut-être, tu entends la porte de ta chambre s'ouvrir. Sourcils froncés, tu tournes la tête et te redresses, abandonnant d'un geste fébrile ce livre aux propos incensés. Devant ta porte se tient un jeune homme, plutôt grand, dont le visage t'es vaguement familier mais impossible d'y associer un nom. Son visage ne t'es pas inconnu cependant, et en soi, c'est déjà beaucoup. Tu te lèves de ton lit et t'approches, méfiante. Tu sens sans problème son trouble, et tu te surprends à te demander quelle en est la cause. C'est étrange : ce jeune homme aux cheveux sombres est parvenu à susciter ton intérêt. Il ouvre la bouche pour parler mais ses propos sont incohérents, confus. Pourtant, tu les comprends mieux que ce livre que tu as abandonné.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

C'est froid. Mais tu n'as jamais été douée pour parler aux autres. En fait, tu ne parles pas aux autres. Tu le fixes, attendant une réponse. Enfin, en supposant qu'il te réponde. Tu aimerais qu'il te répondes. Il est la première personne qui t'intéresse. Depuis longtemps.

« Hello... »


Fiche par Yûki, alias Akira Greyster.


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